Archives mensuelles : octobre 2010

Combien coûte un vote?

Bien sûr la réponse n’est pas évidente cela dépend où et quand. Par exemple en France à Corbeille Essonne si l’on en croit les déclarations de Mamadou un vote coûtait 2 300 euros. C’est très cher mais apparemment il y avait un candidat prêt à payer le prix et des électeurs prêts en encaisser.

Radio Slujba Novosti animait un débat d’auditeurs sur le thème « êtes vous prêt à vendre votre voix. Si non pourquoi? et si oui pour combien ». En effet un sondage révélait qu’en Ukraine plus de 20% des électeurs se déclaraient prêt à voter pour le candidat qui leur offrirait un billet de banque avant l’élection. Le prix d’une voix en Ukraine serait de 100 à 150 Hryvnia soit environ 9 à 13 euros. La corruption des Ukrainiens est une chose, mais la même chose serait elle possible en Russie?

Un auditeur a bien déclaré qu’il n’accepterait jamais rien parce que cela relevait de sa liberté personnelle. Mais la majorité des auditeurs qui appelaient ont affirmé que non seulement ils étaient prêt à le faire mais qu’il l’avaient déjà fait par le passé pour un prix compris entre 300 et 500 roubles (8-12 euros) touchés dans une voiture près du bureau de vote. Bien sûr ils ont conscience que ce n’est pas très cher mais selon eux cela ne change rien au résultat des élections qui sera toujours le même quel que soit leur vote, en revanche pour l’argent touché ils ont un vrai choix pour l’utiliser comme il l’entendent.

Difficile d’avoir une idée précise de l’ampleur du phénomène, mais au moins un débat ouvert comme cela permet de mieux comprendre les mécanismes de la corruption.

Alors à quand un débat sur RMC êtes vous prêt à vendre votre vote et pour combien?

Quand un blog russe crie à la censure…

Hier j’écrivais que la blogosphère russe n’est globalement pas censurée. Quand un blog crie à la censure… il faut voir de quoi il retourne exactement.  Le blog et podcast russe intellectualisant Schizopolis vient de prétendre être victime de censure de la part de… Google. Pourtant ils sont toujours bien référencé dans Google, il n’y a pas de censure au niveau de leur visibilité. De quoi s’agit il alors?

En fait Schizopolis vient d’être exclu du programme de publicité adsense parce qu’il violait les règles de publication. En effet  Schizopolis traite de pratiques sexuelles diverses et autres perversions auquel l’être humain qui n’est pas tourmenté par une morale puritaine excessive (le Russe contemporain) peut s’adonner librement. Même s’il ne s’agit pas de pornographie ou d’érotisme certains propos ou certaines images peuvent être de nature à choquer des annonceurs. Heureusement le monde de l’internet russe n’est pas uniquement le monde de Google, il existe d’autres programmes publicitaires. Pourtant Schizopolis semble faire le choix de demander de l’argent à ses lecteurs et auditeurs… Choix respectable puisque être dépendant des auditeurs garantit une indépendance vis à vis des régies publicitaires. Mais difficile aussi, comment convaincre des auditeurs, de donner de l’argent?  Il faut arriver à séduire les auditeurs, les charmer… Monétiser l’audience d’un podcast n’est pas chose aisée, mais ça n’a rien à voir avec de la censure.

Liberté de la blogosphère Russe

Radio Canada interview deux bloggers qui connaissent bien la blogosphere russe. Le monde du runet est en général assez différent du monde occidental, moins dominé par les américains que le monde français par exemple, mais il existe des mythes grotesques que l’on voit ressurgir dans l’imaginaire des journalistes français, par exemple lors de la pétition pour le maintient des ondes radio chez RFI.

le site Internet en langue russe de RFI, lancé il y a moins de 6 mois. Ce site connaît déjà un succès certain mais il reste bloqué par les moteurs de recherche russes. Ceci concorde parfaitement avec la politique de Moscou qui, à l’instar de la Chine, projette de construire une « Grande Muraille » pour isoler le web russe du reste du monde.

Il n’y a donc pas de grande muraille en Russie. Les seules barrières sont culturelles et linguistiques. Pas de censure non plus, on peut tout dire, tout copier et recopier.
Bien sûr il existe une censure à postériori, Anastasia Kirilenko cite ainsi un blogger condamné

à 2 ans de prison pour « diffamation » du président tatar. Un blogueur de Sibérie a été condamné pour un an avec sursis pour avoir écrit en 2007 : « Il n’y a pas beaucoup de différences entre les flics et la racaille ».

Bien sûr en France un breton de 19 ans a été condamné à 3 mois de prison pour avoir insulté un gendarme sur Facebook qui lui avait confisqué le véhicule après avoir subi un contrôle d’alcoolémie positif (en Bretagne aussi on est sensé ne pas boire au volant,  attention le code de la route breton est une blague!). Un provençal lui a été condamné à une amende de 651 euros pour avoir insulté un policier sur Facebook.
Et de façon générale les procès en diffamation ou en injure sont des armes juridiques pour faire taire les bloggers, le délai de prescription ayant été doublé récemment pour les propos tenus non par voie de presse mais par internet. Et puis il y a les menaces (cela existe aussi en France par exemple M. Stéphane Guillemin n’aimait pas que le blog DatingWatch parle de ses activités chez Ingedata).

Mais en Russie comme en France les bloggers sont solidaires et les informations qui vont être censurées après publication sont copiées et recopiées, discutées et connues de tous si bien qu’il est difficile dans un milieu ouvert comme celui là de faire de vraie censure. Bien sûr il vaut mieux critiquer ou se moquer du président ou du premier ministre qu’un obscur potentat local. Car très peu de monde s’intéresse à la vie locale alors que tout le monde s’intéresse au Kremlin. La liberté est donc fonction de la taille de la blogosphère.

Comment trouver un travail en Russie?

Pour celles qui n’auraient pas été convaincues par l’offre précédente… voilà que Yandex, le premier moteur de recherche en Russie, lance aujourd’hui un nouveau service. Ca s’appelle Yandex Rabota (yandex travail) C’est donc un agrégateur d’offres d’emploi. Il indexe aujourd’hui plus d’un demi million d’offres d’emploi auprès de 121 000 employeurs. Il agrège notamment les offres des plus grands portails consacrés à l’emploi que sont: HeadHunter, Rabota@Mail.ru, Rabota.ru, Rosrabota, SuperJob, zarplataet d’autres plus locaux.

L’homme invisible

Ekaterinbourg abrite un bien curieux monument devant la bibliothèque Belinsky. Il s’agit du premier monument à l’homme invisible. Le monument est donc lui aussi invisible. On ne peut que se féliciter car là il n’y a aucun risque qu’il dénature le paysage. Mais s’il n’y a pas de monument visible, que peut on y voir? Simplement l’inscription et les traces du monument à l’homme invisible.

Disparition d’un hebdomadaire

Le très sérieux et très impertinent Russki Newsweek, qui comme son nom ne l’indique pas forcément est un hebdomadaire russe faisant partie d’un groupe de média allemand Axel Springer, ferme.  La raison est économique. L’hebdomadaire perd de l’argent.  Bien sûr les raisons économiques et politiques sont très liées. Ce qui est surprenant tout de même c’est que toutes les archives aient été supprimées du site web.

Vent de protestation contre le changement

Le site Vkontakte a introduit de gros changements (plus de 30 améliorations) cette semaine en particulier pour les photos qui sont visible directement sur le fil d’actualité, mais aussi sur le mur de chaque utilisateur qui mêle statut et commentaires. Seulement beaucoup d’utilisateurs étaient très attachés à l’ancienne apparence et ils ne voient pas ces changement avec beaucoup d’enthousiasme (c’est une litote). La nouvelle présentation est moins claire est moins adaptée à la navigation mobile.

Le groupe de protestation « Nous sommes contre le Microblogging. Paul Dourov remettez nous le mur! Rejoignez nous les amis! Vkontakte! »  a déjà rassemblé plus de 152 375  personnes. Ces protestations font penser à celles de Facebook, pas facile de faire évoluer un service social.

Poutine un Bilan

Le fascicule de Boris Nemzov Poutine: bilan 10 ans était distribué aujourd’hui dans la rue, devant le métro. Il faut dire qu’il y a quelques mois des personnes ayant ce fascicule avaient été inquiétés pour diffuser de la littérature extrémiste. Depuis peu le livre Loujkov un bilan est en vente libre avec une couverture de circonstance.  Mais bien entendu le livre sur l’actuel premier ministre est indisponible à la vente. C’est peut être cela qu’il est distribué gratuitement à la sortie du métro.

Cours après moi!

Dans deux jours se termine le projet Begi Za Mnoi. Leur tente se trouve sous la statue de Pouchkine sur la place Pouchkine, le meilleur emplacement de Moscou.  L’objectif est que les jeunes de 16 à 23 ans mangent mieux, ne fument pas, fassent du sport… bref qu’ils aient une vie saine et qu’ils prennent soin de leur santé. A l’age ou normalement où l’on fait exactement le contraire la tâche ne semble pas gagnée d’avance surtout dans la société Moscovite. Des ateliers de danse, de jogging, des rencontres avec des nutritionnistes, des psychologues, des entraineurs…

L’idée de Macha Soboleva n’est pas forcément très originale, mais elle bénéficie d’un soutient extraordinaire, l’idée étant que les jeunes dynamiques et en bonne santé soutiendront mieux le pays et le premier ministre que les obèses passifs.