En Russie

Le carême orthodoxe

Le grand carême correspond dans la religion chrétienne au jeûne qui permet de se préparer à la Pâques. Chez les russes la question est souvent prise très au sérieux et les menus de carême ne sont pas très joyeux. Mais l’économie de marché et la mode de l’orthodoxie dans la société aidant on s’est adapté et les magazines, les chaines de télé, les supermarchés, les restaurants proposent leur plats, recettes et menus de carême. Les offres spéciales carême fleurissent donc un peu partout. Au point que même les restaurant chinois ont à la première page de leur carte le menu spécial carême.  Bien sur cela est une bonne chose car cela facilite la vie des chrétiens mais provoque parfois un petit malaise par la surenchère du marketing et de la dimension commerciale de la chose, car le jeûne n’est pas qu’une affaire de règles diététiques à suivre c’est avant tout un voyage spirituel, un effort d’humilité et de préparation avant la Pâques.

L’anecdote suivante illustre bien ce risque de dérapage:

Une femme bouleversée vient voir le prêtre en lui disant « Mon père, ce n’est pas possible, vous savez je ne peux pas suivre le carême, pour moi ce n’est pas possible, je ne suis pas comme les autres… »  il lui répond calmement « ce n’est pas un problème vous n’avez qu’à ajouter du poisson aux repas. »  Mais cela ne semble pas l’apaiser « de toutes façon ça me changera rien, suivre ces règles, ce n’est vraiment pas pour moi! » Le prêtre lui explique alors: « vous savez les règles ne sont pas les plus importantes, on peut les modifier ce qui compte c’est le carême spirituel, c’est prier, c’est faire preuve d’humilité, c’est se remettre en question, c’est aimer vraiment Dieu, c’est se purifier, c’est venir en aide aux nécessiteux, aider les autres, payer de sa personne, et c’est prier toujours plus… »
Et la femme de faire « ah oui mais non! là, je crois qu’il vaut mieux que je m’en tienne aux règles diététiques et simplement choisir le menu de jeune au restaurant ».

Connaissez vous le choux Magnat?

Le choux Magnat est une spécialité Française, de la Creuse, mais d’origine russe. C’est un choux de grande taille pouvant atteindre près de 15 à 20kg et aux qualités gustatives inhabituelles. L’histoire du choux remonte au milieu du XVIII ieme siècle quand le marquis de l’Estrange rapporta des semences de Saint Petersbourg. Le choux est un peu particulier puisqu’il lui faut 18 mois pour se développer et en particulier passer un hiver entier sous la neige. Le climat de Magnat convenait bien à ce choux et la production fut florissante jusqu’à la première guerre mondiale.

Ensuite la production baissa  du fait de la standardisation des systèmes de distribution et du manque de main d’œuvre masculine dans les villages et faillit être totalement oublié jusqu’à l’intervention de quelques agriculteurs qui sauvèrent cette espèce inhabituelle de la disparition. Aujourd’hui deux fêtes du choux ont lieu au printemps et en automne, et un livre de cuisine/santé est en préparation en collaboration avec la Russie.

(Photo Ici la Creuse A.C.)

Comment manger les feijoas?

Le Goyavier de Montevideo est une plante exotique acclimatée à la Russie et dont on trouve les fruits au mois de novembre. C’est une source de vitamine dans la grisaille de novembre, mais comment est ce que cela se mange?
On m’a d’abord dit que le fruit ne se cuit pas et ne s’épluche pas (il est trop petit et la peau est ce qu’il y a de meilleur pour la santé). Le problème c’est que cette peau est légèrement amère et astringente. Que faire? C’est très simple il suffit d’ajouter un peu de sucre. Selon comment le fruit est mûr (il se récolte vert car une fois mûr il n’est pas transportable) on peut le croquer immédiatement, l’utiliser dans une salade de fruit (se marie bien avec la pomme, la banane ou les agrumes) ou le couper et le mélanger à du sucre. C’est un très bon accompagnement pour prendre avec le thé et des biscuits.

Mais en réalité on peut le cuire, ce soir j’ai fait un très bon crumble. On peut aussi préparer le crumble avec moitié de pommes, moitié de feijoa. On peut aussi faire de très bonnes confitures avec, ou bien encore l’utiliser pour faire des sauces.

Alors dernière question en quoi est ce bon pour la santé? D’abord on l’a dit la peau est très riche en antioxydants: en particulier des catéchines et des leuco-anthocyanidines, qui aident donc à prévenir le cancer. Ensuite le fruit est très riche en iode presque autant que les fruits de mer (rares en Russie) donc c’est bon pour la thyroïde. Et cela permet aussi de prévenir l’athérosclérose, l’hypo-et l’avitaminose, maladies inflammatoires du tube digestif, la gastrite, et la pyélonéphrite…

La fin du Beluga

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Ca y est c’est est fini du caviar, les esturgeons se faisaient rares si bien que le commerce est totalement interdit et les prises illégales seront détruites. L’interdiction porte sur 10 ans mais peut être que dans dix ans, si tous les esturgeons ont bien disparus, le problème ne se posera plus. L’essentiel du marché était déjà actuellement illégal (plus de 90%). L’interdiction totale du marché légal permettra peut être, espérons le, de réduire le marché illégal.

La recette du KVAS

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C’est l’été tout le monde à soif, les employés de l’usine de Kronenbourg (l’autre boisson nationale Française après le Pastis) sont en grève parce qu’ils ont trop de travail.

Nous conseillons donc vivement à tous les Français de se convertir au Kvas qui est beaucoup plus sain pour la santé que le Pastis ou la bière. Le Kvas est la boisson nationale Russe (avec le thé bien sûr). Il se prépare à partir de pain. Comme c’est plutôt difficile à trouver en France, mieux vaut le préparer soi même: pour cela suivre les instruction que donne Arseni.

ngrédients nécessaires :-300 grammes de pain de seigle coupé en gros morceaux.
-2 litres d’eau préalablement bouillie.
-une cuillérée à café de levure.
-150 grammes de sucre en poudre.

Préparation :-Dans le four de la gazinière, à chaleur moyenne, faire sécher les morceaux de pain. Stopper la cuisson quand ils ont commencé à griller. Laisser refroidir.
-Dans une grande casserole remplie des deux litres d’eau tiède, plonger les croûtons de pain.
-Compléter avec la levure et le sucre en poudre. Touiller quelques instants, c’est à dire «un certain temps ».
-Recouvrir la casserole d’un linge et laisser reposer et fermenter à température ambiante – entre 20 et 25 ° pendant 48 heures.
-A l’aide d’un linge propre en coton type «chaussette à café », procéder au filtrage du breuvage (deux ou trois filtrages peuvent s’avérer nécessaires).

à partir du Kvas on peut également préparer un plat rafraichissant: l’Okrochka. Et pour finir retenez ce vieux proverbe des bords de la Volga qui fait frémir les actionnaires d’une grande firme d’Atlanta.

«là où le kvas russe est apparu, le cola plus jamais n’est «repoussu» !.