En Russie

Macha Fogel: Quelques heures cruciales dans le dojo du président de la Grande Russie

C’est une chose terrible que d’aimer tant la guerre sans jamais l’avoir faite.
J’ai servi mon pays autrement. Je me suis acquitté de mon devoir sans armes, c’est vrai, mais non sans combattre. J’aurais pu devenir une simple petite frappe, passer des années en prison, ou encore m’enrichir comme un vulgaire escroc. Mais il se trouve que tout s’est passé autrement. Je me suis apprivoisé. En définitive, j’ai appris à faire ce que j’avais à faire. Cette préférence pour l’action je l’ai acquise à mes premiers maitres de judo. De consciencieux pédagogues ont su m’attraper juste à temps. à cet âge où le destin offre à nos personnalités déjà bien formées le choix entre plusieurs voies sur lesquelles s’engager.

J’enfile mon kimono, guettant de l’œil la porte du vestiaire. J’attends un document très important, le premier d’une série que j’ai commandé à l’un de mes collaborateurs les plus loyaux, mon vieil ami Volkov, que je surnomme « le louveteau » . Un agent spécialement choisi pour cette tâche va me l’apporter. Je suis préoccupé: il s’agit après tout d’organiser le futur du pays et de sceller mon propre destin.

C’est ainsi que commence le premier roman de Macha Fogel Quelques heures cruciales dans le dojo du président de la Grande Russie à peine sorti il y a quelques semaines. Cela promet d’être intéressant, que se passe-t-il dans sa tête lorsqu’il monte sur un tatami? et qu’il prépare sa propre succession comme un empereur romain, ou comme le premier russe à porter le titre d’Imperator, Pierre le Grand? (bon, Pierre Ier est surement un très mauvais exemple, sa mort est plutôt stupide et prosaïque). Car le Président de la Grande Russie imaginé par Macha Fogel veut avant tout quitter la scène et la vie tout en poésie comme un vrai empereur romain.

« Je dois rester encore longtemps au pouvoir. Pierre le Grand a eu besoin de plusieurs dizaines d’années pour hisser le pays à hauteur de l’occident et pour emporter contre ces nations des succès décisifs. Mais moi, qui suis-je? Pierre le Grand ou bien Ivan le terrible? des années redoutables ont suivi la mort du tsar Ivan. Il faut à tout prix éviter de nouveaux temps troubles. Mais enfin qui me succédera? Ma fille cadette, Ioulia? l’Aînée Anya? Après avoir étudié les mœurs néerlandaises, telle Pierre en son temps reviendra-t-elle sauver la patrie? Ma concubine, la petite Véra elle est trop peu armée. N’importe quoi! alors qui? L’un de nos riches marchands? ou bien un boyard des services secrets?

Ah oui, il faut le dire tous les noms sont changés. C’est peut être l’éditeur qui a peur de recevoir des menaces et qui a changé tous les noms des personnages provoquant un véritable ridicule. Il faut dire que lorsque l’on parle de Judo, Sambo et de Léningrad, l’omerta est croit-on la meilleure garantie pour rester vivant. Toute ressemblance avec un personnage existant est donc écartée, il y eu tellement de présidents différents en Russie qui font du judo et qui rêvent de Grande Russie qu’il est impossible de deviner de qui il s’agit…  Le successeur auquel pense le personnage, s’appelle Trofimov comme le chanteur… Et il va s’associer avec Alexandre Dinikine un salaud au regard de psychopathe qui tente plus ou moins depuis six ans d’unifier l’opposition…

On l’aura compris il s’agit d’un regard flou, parisien, complaisant et romantique sur la Russie contemporaine. La Russie et la figure du président russe attire les écrivains français. On pourrait citer Marc Dugain avec Une exécution ordinaire ou encore Bernard Chambaz avec Vladimir Vladimirovitch. La difficulté de l’exercice que s’est donnée Macha Fogel s’est d’entrer dans la tête de Vladimir Poutine, d’écrire son monologue intérieur. C’est une tâche vouée à l’échec ou au mensonge lorsque l’on est une femme, jeune, française, n’ayant jamais connu l’union soviétique… et que les lecteurs sont tout aussi éloignés du monde soviétique. Et même peut être plus,, encore car après tout, l’auteur a vécu à Moscou et travaillé pour la chaine « la voix de la Russie ». La tâche est donc impossible. Mais le propre de la littérature de fiction et de « l’écriture de soi » imaginée est de faire des œuvres fausses mais cohérentes qui apportent quelque chose d’humain au lecteur. Si l’on prend par exemple le livre de Marguerite Yourcenar Mémoires d’Hadrien, suivi de Carnets de notes de Mémoires d’Hadrien, il n’y a pas le moindre doute qu’il s’agit de la grande littérature même si le personnage d’Hadrien est certainement éloigné du personnage historique. Aurait il vraiment écrit de telles lettres s’il en avait eu l’occasion? Non, probablement pas tout à fait, car le style et la pensée est traduit par une femme du XXième siècle pour un lecteur du XXième siècle. Et de toute façon on ne pourra pas aller vérifier.
Le problème que pose le livre sur le président de la Grande Russie, c’est que le personnage est vivant, très influent, très riche. Et il ne s’agit pas de lettre, le personnage se parle à lui même, c’est d’ailleurs dommage étant donné le potentiel de charme et de manipulation dont dispose le président russe. Utiliser un monologue intérieur aussi ennuyeux et  révulsant que les celui  des Carnets du sous-sol, alors qu’un simple regard d’un tiers aurait pu apporter du charme et de la magie au roman.

Finalement c’est pour moi une déception. Je ne sais pas ce qui a motivé Macha Fogel pour écrire ce livre sur ce thème et dans ce style et je ne saurai donc dire s’il est très réussi ou si au contraire c’est un désastre, je ne vois pas pour ce livre d’entre-deux. La réalité est tellement plus profonde et palpitante que cette fiction. Alors pourquoi? est plus romantique, plus poétique, plus parisien? Pourquoi?

Les 100 livres que lisent les russes

Il y a quelques semaine un hebdomadaire publiait une liste de 100 livres (certains d’auteurs russes mais d’autres d’auteurs étranger et dont les les livres ne traitent apparemment pas de la Russie et simplement traduits en Russe) qu’on lu les gens qui lisent des livres et pour lesquels ils comptent. Bien sûr cette liste est arbitraire et hétéroclite puisse qu’elle fait la place et à Eugène Onéguine et à Harry Potter.
Le journal francophone Le courrier de Russie a depuis traduit cette liste avec quelques nuances à apporter puisque les titres en français sont parfois différent, Génération P de Pelevine s’appelle Homo Zapiens en français, La Nuée dorée d’Anatoli Pristavkine a été publié en France sous le titre « Un nuage d’or sur le Caucase »…

L’idée de trouver « un code russe » à travers la littérature, le génome de l’âme russe ou comme le propose le courrier de Russie dans sa traduction ce qui forge l’âme Russe est il me semble erronée. On le voit d’ailleurs dans l’article qui précède la liste elle-même. Les écrivains ne sont pas les ingénieurs des âmes comme le pensait le pouvoir soviétique, ce sont des artistes qui expriment les sentiments par leurs mots. C’est un miroir de la réalité. Un miroir qui permet de la comprendre.
Il est vrai qu’ils donnent un ensemble de code culturels, de phrases, d’images, de clichés qui sont dans la culture. Mais penser que l’âme des russes est forgée par la littérature c’est renverser le rapport de causalité. La jeune fille qui fait un clin d’oeil culturel au jeune homme en lui sortant  « Tout était sans dessus dessous dans la maison Oblonski », Il est Russe, il a suivi un enseignement secondaire normal et pourtant il ne comprend pas. Des millions de Russes ignorent les bases de la littérature, tout comme des millions de Français n’ont pas lu « Le rouge et le noir » et ne comprendront pas les références à Julien Sorel. La réforme de l’enseignement aggrave d’ailleurs actuellement la situation. Et il apparaît qu’un Canadien, Un Néerlandais ou un Italien cultivés peuvent avoir plus en commun avec l’univers littéraire d’un Russe que ses propres compatriotes qui ne lisent que de la soupe textuelle ou regardent simplement leur téléviseur.

Les meilleurs écrivains sont traduits et on peut les lire facilement dans sa langue. Le monde de la culture est un village planétaire, et ce d’autant plus que l’URSS interdisant de nombreux livres et persécutant leurs auteurs, certains titres de cette liste ont été publiés à l’ouest avant d’être publiés en Russie.

Apparaissent dans la liste et les meilleurs ventes et les meilleurs écrivains (encore que beaucoup soient absents les listes de ce type favorisant toujours le consensus).

La liste n’est pas sans rappeler la liste des 100 meilleures oeuvres du XX ieme siècle qu’avait établi il y a plus de dix ans le magazine Elle. Et dont Frédéric Begbeder s’était inspiré pour écrire son Dernier inventaire avant liquidation

1. « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov

1929-1940, publication partielle en 1966, la première édition en 1973
URSS

2. « Eugène Onéguine » d’Alexandre Pouchkine

de 1823 à 1831, publié en 1833
Empire russe

3. «Crime et châtiment» de Dostoïevski Fiodor

1866
Empire russe

4. « Guerre et Paix », Léon Tolstoï

1869
Empire russe

5. « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry

1943, traduit en russe – 1959
États-Unis (en français)

6. « Un héros de notre temps » Mikhaïl Lermontov

1840
Empire russe

7. « Les douze chaises » Ilf, Evgeny Petrov

1928
URSS

8. « 1984 » de George Orwell

Année 1949, traduits en russe – 1989
Royaume-Uni

9. « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez

1967, traduit en russe – 1970
Colombie, publié en Argentine

10. « Harry Potter » de JK Rowling

1997-2007, traductions – 2000-2007
Royaume-Uni

11. « Les âmes mortes » par Nicolas Gogol

1842
Empire russe

12. « Anna Karénine » de Léon Tolstoï

1875-1877 – publication dans une revue, 1878 –  livre
Empire russe

13. «Idiot» de Fiodor Dostoïevski

1868-1869
Empire russe

14. « Le Portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde

1890, d’abord traduit en 1906
Royaume-Uni

15. «Du malheur d’avoir de l’esprit » par Alexandre Griboïedov

1824
Empire russe

16. « Fathers and Sons » Ivan Tourgueniev

1862
Empire russe

17. « Le Seigneur des Anneaux » de JRR Tolkien

1954-1955, traductions – du début des années 1960
Royaume-Uni

18. « L’Attrape-cœurs » Jerome Salinger

1951, la traduction – 1965
États-Unis

19. « Trois Camarades » par Erich Maria Remarque

1936, pour la traduction – 1958
commencé en Allemagne,  terminé en Suisse, publié au Danemark

20. « Docteur Jivago », Boris Pasternak

1957
Union soviétique, publié en Italie

21. « Coeur de chien » de Mikhaïl Boulgakov

1925, publié en 1968
Union soviétique,  publié en Allemagne et au Royaume-Uni

22. « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll

1865, première traduction – 1879
Royaume-Uni

23. «Les Frères Karamazov», Dostoïevski

1880
Empire russe

24. « Sherlock Holmes » Arthur Conan Doyle


1891-1927, traductions –  dès 1898
Royaume-Uni

25. « Les Trois Mousquetaires » par Alexandre Dumas

1844, la première traduction – 1846
France

26. « La fille du capitaine » Alexandre Pouchkine

1836
Empire russe

27. «Nous autres» Ievgueni Zamiatine

1920, publié en 1924
Union soviétique, publié aux États-Unis

28. « Le Revizor» Nikolai Gogol

1836
Empire russe

29. « Roméo et Juliette » de William Shakespeare

1597, traductions à partir du début du XIX e siècle,  – 1941
Angleterre

30. « Le vieil homme et la mer » de Ernest Hemingway

1952, une traduction – 1955
États-Unis

31. « Les allées sombres » Ivan Bounine

1937-1949
écrit en France, publié en France et aux États-Unis

32. « Faust » de Johann Wolfgang von Goethe

fragments publiés en 1790, édition complète – 1831, traductions à partir du début du XIX e siècle
Etats allemands

33. « Fahrenheit 451 » Ray Bradbury

1951, édition séparée – 1953, traduction – 1956
États-Unis

34. La Bible

– II -XVsiecle – traduction première moitié du XIX siècle,
Moyen-Orient

35. « Le procès » de Franz Kafka

1915, publié en 1925, traduit – 1965
Autriche-Hongrie, publié en Allemagne

36. « Le Veau d’Or » Ilf, Evgeny Petrov

1931,  éditions – 1932-1933

37. « Le Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley

1932, traduction – 1990
Royaume-Uni

38. « Le Don paisible » Mikhaïl Cholokhov

1928. publication des deux premiers livres  1940 –  roman complet
URSS

39. «Génération » P  » ou Homo Zapiens en traduction – Victor Pelevine

1999
Russie

40. « Hamlet » de William Shakespeare

1603, premières traductions – du XVIII siècle, classique – 1933
Angleterre

41. « Orgueil et préjugés  » de Jane Austen

1813,  traduction – 1967
Royaume-Uni

42. « Deux capitaines » Veniamin Kaverin

1944
URSS

43. «Vol au-dessus d’un nid de coucou » Ken Kesey

1962, la traduction – 1987
États-Unis

44. La Trilogie de Neznaika Nikolai Nosov

1953-1965
URSS

45. «Oblomov» Ivan Gontcharov

1859
Empire russe

46. « Le lundi commence le samedi » Arkady et Boris Strougatski

1964, une édition séparée – 1965
URSS

47. « Les Aventures de Tom Sawyer » de Mark Twain

1876, première traduction – 1877
États-Unis

48. « L’Archipel du Goulag » de Soljenitsyne

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1967, complété jusqu’en 1979,  première édition de l’Ouest – 1973, en Union Soviétique – 1989
Union soviétique, publié en France

49. « Gatsby le magnifique » de F. Scott Fitzgerald

1925,  traduction – 1965
États-Unis

50. « Dandelion Wine » en français « le vin de l’été » de Ray Bradbury

1957, la traduction – 1967
États-Unis

51. « Le magicien d’Oz » Volkov Alexandre (plagiat soviétique de l’oeuvre américaine Le Magicien d’Oz 
)

1939
URSS

52. «Les aventures de Moomin » Tove Jansson

1938-1970, première traduction – 1967
Finlande

53. « Histoire d’une ville » Mikhaïl Saltykov-Chtchédrine

1869-1870
Empire russe

54. « Lolita », Vladimir Nabokov

1955, traduit – 1967, publié en URSS en 1989
États-Unis

55. « A l’ouest rien de nouveau » par Erich Maria Remarque

1928,  traduction – 1929
Allemagne

56. « Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway »

1940 traduction – 1968
États-Unis

57. «Arc de Triomphe» d’Erich Maria Remarque

1945, traduction – 1959
États-Unis

58. «Il est difficile d’être un dieu», Arkadi et Boris Strougatski

1964
URSS

59.  » Jonathan Livingston le goéland » de Richard Bach

1970, traduction – 1974
États-Unis

60. « Le Comte de Monte-Cristo » d’Alexandre Dumas

1844-1845, première traduction – 1846, traduction moderne – 1931
France

61. «Martin Eden» de Jack London

1908-1909, traduction – 1909
États-Unis

62. « Moscou sur Vodka » Vénédict Erofeiev

Manuel de l’âme russe
Année 1969-1970, la première publication – 1973, en Union Soviétique – 1988
écrit en Union soviétique, publié en Israël

63. «Belkine» Alexandre Pouchkine

1831
Empire russe

64. « La Nausée » par Jean-Paul Sartre

1938,  traduction – 1966
France

65. « Des fleurs pour Algernon » Daniel Keyes

1959 – paru comme une nouvelle 1966 – comme un roman, traduit -1990
États-Unis

66.  » La Garde blanche » de Mikhaïl Boulgakov

1925, à l’Ouest – 1927-1929, en Union Soviétique – 1966
URSS, première publication – France

67. « Les Démons » Fiodor Dostoïevski

1871-1872
Empire russe

68. « La Divine Comédie » de Dante Alighieri

1307-1321, traductions à partir du XIXe siècle, le classique – 1946
Florence

69. « Fight Club » de Chuck Palahniuk

1996, traduction – 2002
États-Unis

70. « La Cerisaie » d’Anton Tchekhov

1903
Empire russe

71. «Le Château» de Franz Kafka

1921-1922, publié en 1926, traduit – 1988
Autriche, publié en Allemagne

72. « Nom de la Rose» d’Umberto Eco

1980, traduction – 1989
Italie

73.  » Sa Majesté des Mouches » de William Golding

1954, traduction – 1962
Royaume-Uni

74. «L’Étranger» d’Albert Camus

1942, la traduction – 1968
Algérie française

75. « Notre-Dame » de Victor Hugo

1831, traduction 1832, première complete – 1874
France

76. « La Peste » d’Albert Camus

1947, la traduction – 1989
France

77.  » Abattoir 5  » par Kurt Vonnegut

1969, traduction – 1970
États-Unis

78.  » Ici les aubes sont plus douces  » Boris Vassiliev Ici les aubes sont plus douces
aubedouce
1969
URSS

79. «Veillées du Hameau près de Dikanka » Nicolas Gogol

1831-1832
Empire russe

80. « Un nuage d’or sur le caucase / roman » Anatoli Pristavkine  «Ночевала тучка золотая»

pristapkine
1987
URSS

 

81.  » Stalker: Pique-nique au bord du chemin  » Arkady et Boris Strougatski

1972, une édition séparée – 1980
URSS

82. »Le conte de de Fedot l’Archer, hardi gaillard » Leonid Filatov fedot Сказ про Федота-Стрельца удалого молодца
1986
URSS

83. « La ferme des animaux » de George Orwell

1945, traductions à partir de 1949 –
Royaume-Uni

84. « Autant en emporte le vent » de Margaret Mitchell

1936, traduction – 1982
États-Unis

85. « Voiles écarlates » Alexandre Grine

1916-1922, publié en 1923
URSS

86. « Le cadeau des Rois Mages » de O. Henry

1906, une traduction – 1925
États-Unis

87. «Don Quichotte de la Mancha », de Miguel de Cervantes

1605 – le premier volume, 1615 – le deuxième volume. traduction – 1896 et 1954
Espagne

88. « L’Iliade » et « L’Odyssée », Homère

VIII e siècle av. JC, traductions -. dès le début du XIXe siècle
grèce

89. « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe

1719,  première traduction – 1762, Moderne – 1902
Royaume-Uni

90. « Trois hommes dans un bateau du chien » par Jerome K. Jerome

1889, la traduction – 1912
Royaume-Uni

91. « Salle numéro 6 » d’Anton Tchekhov

1892
Empire russe

92. « Winnie l’Ourson » Alan Milne

Année 1924-1928, la première traduction – 1958 – 1960
Royaume-Uni

93. « Douze » Alexandre Blok
1918
Russie soviétique

94. « Les récits de Kolyma » Varlam Chalamov

1954-1962, première publication partielle à l’Ouest – 1966, publication Union Soviétique – 1989
URSS, publié aux États-Unis

95. « La fouille » Andrei Platonov lafouille
Manuel de l’âme russe
Année 1930, la première publication en Occident – en 1969, Union Soviétique – 1987
Union soviétique publié au Royaume-Uni

96. «Lettres à un ami romain » Joseph Brodsky

1972, publié en 1977
États-Unis

97. « L’homme noir » Sergei Essenine

1923, publié en 1926
URSS

98. Le bruit du temps de Ossip Mandelstam

1925
URSS

99. « Les Voyages de Gulliver » de Jonathan Swift

1726-1727, les premières traductions – 1772-1773,  traduction complète – 1902
Royaume-Uni

100. « Incidents » Daniil Harms
1933-1939, première publication à l’Ouest en 1970,  première édition URSS – 1988.
URSS,  première publication – lEtats-Unis, Allemagne

Les Musiciens de Brême

Excellente nouvelle: le Comte Saltykov a sous titré l’incomparable film d’animation soviétique « Les Musiciens de Brême ». La vidéo est sur Youtube. Si les sous-titres ne s’affichent pas il faut cliquer en bas sur sous-titres ou « captions » et choisir le français.

Et si d’aventure vous vouliez lire tranquillement le texte bilingue des chansons du film, pour apprécier la qualité des traductions à sa juste valeur, vous pouvez télécharger le tout sur le blog du comte Saltykov. Encore une fois merci au comte pour partager son excellent travail.

Les musées de Moscou gratuits

Moscou est très riche en Musées. Certains sont bien connus d’autres moins, et certains sont même presque confidentiels. Les Moscovites qui sont aspirés par la routine ne vont pas tellement se cultiver dans les musées. C’est pour cela qu’il existe une opération spéciale: Les musées gratuits, c’est le troisième dimanche du mois (attention à ne pas confondre: à Paris c’est le premier dimanche, à Moscou c’est le troisième). Et pour les vacances suivant le nouvel an cela était également gratuit (du 2 au 8 janvier 2013).
Alors bien sûr tous les musées ne sont pas concernés, ceux qui  relèvent de la compétence fédérale par exemple comme les Galeries Tretiakov (c’est gratuit le 3ième dimanche seulement pour les moins de 18 ans et pour avoir une visite gratuite pour tous il faut attendre le 18 avril (journée du patrimoine historique et culturel de Moscou) ou le 18 mai (journée internationale des musées)).

Musées Historiques

Musée de Moscou, Complexe architectural des magasins de provision «Провиантские магазины» – Tout près du métro Park Kultury Зубовский бульвар,   дом 2

Musée Archéologique de Moscou –Sur la place du Manège Манежная площадь, дом 1а (pour l’instant fermé pour rénovation)

Musée de l’ancienne cour d’Angleterreул. Варварка, дом 4а

Musée d’histoire Lefortovo Крюковская улица, дом 23

Musée de l’acordéon russe A.Mireka улица 2-ая Тверская-Ямская, дом 18

Musée Historique d’Etat de Zelenograd – Зеленоград, улица Гоголя, дом11-В

Мемориальный музей космонавтики – Проспект мира дом 111

Musée d’état de la défense de MoscouМичуринский проспект, Олимпийская деревня, дом 3

Complexe et musée Histoire du tank T34Московская область, деревня Шолохово, дом 88-а

Musée d’histoire du GOULAG ГУЛАГ – улица Петровка, дом 16

Musée d’histoire locale « La maison sur le quai » – улица Серафимовича, дом 2, подъезд 1

Musée mémorial de l’histoire et de la Marine de la Russie – парк «Северное Тушино», улица Свободы, владение 44-48

Musée Panorama la bataille de la Moskva (Borodino) – Кутузовский проспект, д. 38

Musée des héros de l’union soviétiqueулица Большая Черемушкинская, дом 24. корпус 3

Musées Littéraires et musiquaux

Appartement à la mémoire de A.S. Pouchkineулица Арбат, дом 53

Musée d’état A.S. Pouchkineулица Пречистенка, дом 12/2

Salles d’exposition du musée d’état A.S. Pouchkineулица Арбат, дом 55/32 (entrée dans la ruelle Denejnovo)

Apartement à la mémoire de André Biély sur Arbat– улица Арбат, дом 55

Musée I.S. Tourgenievулица Остоженка, дом 37

Maison Musée Marina Tsvetaeva  – Борисоглебский переулок, дом 6

Centre culturel et Musée V.S. VisotskiНижний Таганский тупик, дом 3

Maison des Russes de l’étranger Alexandre Soljenitsyne – Нижняя Радищевская улица, дом 2

Musée littéraire et centre moscovite Constantin G. Paoustovski – улица Кузьминская, дом 8

Musée – centre humanitaire « victoire » au nom de Nikolaï Ostrovski – улица Тверская, дом 14

Musée V.V. MayakovskyЛубянский проезд, дом 3/6

Musée M.A. Boulgakovулица Большая Садовая, дом 10, квартира 50

Musée Moscovite d’Etat S.A. Essenine – Большой Строченовский переулок, дом 24

Maison de N.V. Gogol – Musée mémorial et bibliothèque scientifique – Никитский бульвар, дом 7а

Musée Mémorial Alexandre Scriabine – Большой Николопесковский переулок, дом 11

Musées d’art

Salle centrale d’exposition ManègeМанежная площадь, дом 1

Musée Vassili.A. TropinineЩетининский переулок, дом 10, строение 1

Ecole d’aquarelle Serguei Andriaka avec Musée et centre d’exposition – Гороховский переулок, дом 17

Musée des arts graphiques folkloriques – Малый Головин переулок, дом 10

Musée Moscovite d’état Vadim Sidouraулица Новогиреевская, дом 37, строение 2

Salle d’exposition «Petite maison de Tchekov» (filiale du nouveau manège)– улица Малая Дмитровка, дом 29, строеие 4

Salle d’exposition «Nouveau Manège» – Георгиевский переулок, дом 3/3

Musée et Centre d’expositions de « Le travailleur et la Kolkhosienne » (filiale du nouveau manège) – проспект Мира, дом 123 б

Musée Moscovite d’art contemporain (MMOMA)  Ermolaevsky 17– Ермолаевский переулок, дом 17

Musée Moscovite d’art contemporain (MMOMA) Petrovka 25 – улица Петровка, дом 25, строение 1

Musée Moscovite d’art contemporain (MMOMA)  Gogolevsky 10 – Гоголевский бульвар, дом 10

Musée Moscovite d’art contemporain (MMOMA) Tverskoy 9 – Тверской бульвар, дом 9

Musée et Atelier de Zurab Tsereteliулица Большая Грузинская, дом 15

association Moscovite « Museon » – улица Крымский вал, дом 10

Complexe Multimédia des Arts réels (Maison Moscovite de la Photographie)  – улица Остоженка, дом 16

Galerie Moscovite d’État de tableaux de l’artiste du peuple de l’URSS Ilya Glazounovулица Волхонка, дом 13

Musée et atelier de l’artiste d’URSS D.A.Nalbandyan – улица Тверская, дом 8, корпус 2

Musée d’Etat de Moscou « Maison de Burganov« – Б.ольшой Афанасьевский переулок, дом 15, строение 9

Musée d’art NaïfСоюзный проспект, дом 15-а

Galerie d’État Moscovite des tableaux de l’artiste du peuple de l’URSS AM Shilov  – улица Знаменка, дом 5

Salle d’exposition « Touchino » – бульвар Яна Райниса, дом 19, корпус 1

Salle d’exposition « Khodynka » – улица Ирины Левченко, дом 2

Salle d’exposition «Zamoskvortche»улица Серпуховский вал, дом 24, корпус 1

Salle d’exposition «Kovtcheg» улица Немчинова, дом 12

Salle d’exposition « Galerie na Peschanoi »улица Новопесчаная, дом  23, корпус 7

Salle d’exposition  «galerie-Belyaevo» улица Профсоюзная, дом 100

Salle d’exposition « Vykhino » – улица Ташкентская, дом 9

Salle d’exposition «Galerie Solyanka VPA»улица Солянка, дом 1/2, строение 2 (Attention l’entrée est dans la rue Zabelina)

Salle d’exposition «Galerie Nagornaya» – улица Ремизова, дом 10

Salle d’exposition « Zelenograd »  – г. Зеленоград, улица Михайловка, к 1410

Musées parcs et propriétés

Музей-заповедник Царицыно – улица Дольская, дом 1

Усадьба Лефортово улица Красноказарменная, владение 1

Усадьба Коломенское – Проспект Андропова, дом 39

Усадьба Измайлово – городок имени Баумана, дом 1, строение 4 (Мостовая башня)

Propriété Lioublinoулица Летняя, дом 1, корпус 1

Усадьба Кусково et musée de la céramique  – улица Юности, дом 2

Musée culturel et propriété  «Proprété des princes Golitsyn Blachernes-Kuzminki»Тополевая аллея, дом 6, Старые Кузьминки, дом 13

Musées des sciences et de la nature

Musée Biologique d’état K.A. Timiriazevaулица Малая Грузинская, дом 15

Musée Darwinien d’étatулица Вавилова, дом 57

Bibliotheque de traductions

La Bibliothèque Slave et Russe offre un grand choix de traductions d’oeuvres de la littérature du XIXieme siecle. Les auteurs et les traductions sont anciennes mais la consultation et le téléchargement est libre et gratuite. Il y a aussi des traductions contemporaines où l’accès est limité à un usage personnel et non commercial. De nouvelles traductions sont régulièrement ajoutées afin de mieux faire connaitre ces littératures d’une grande richesse. En général il y a également un lien vers le texte original ce qui permet d’autant mieux d’apprécier la traduction. Enfin les textes sont disponibles aux formats Html, Doc, Pdf et ePub.

Alexei Gorchenev (poeme de Sergueï Essenine) Folle vie

Paroles Sergueï Essenine – Folle vie
Помнишь, помнишь, помнишь,
Ты всё, конечно, помнишь,
Помнишь, помнишь,
Ты всё, конечно, помнишь.Вы помните, Вы всё, конечно, помните,
Как я стоял, приблизившись к стене,
Взволнованно ходили вы по комнате
И что-то резкое в лицо бросали мне.
Вы говорили: Нам пора расстаться,
Что Вас измучила моя шальная жизнь,
Что Вам пора за дело приниматься,
А мой удел – катиться дальше, вниз.
Любимая!
Вы меня не любили.
Любимая!
Вы меня не любили. Простите мне… Я знаю: вы не та –
Живёте Вы c серьезным, умным мужем;
Что не нужна вам наша маета,
И сам я Вам ни капельки не нужен.
Живите так, как Вас ведёт звезда,
Под кущей обновленной сени.
С приветствием, Вас помнящий всегда
Знакомый ваш, Сергей Есенин
Любимая!
Вы меня не любили.
Любимая!
Вы меня не любили.
Любимая!
Вы меня не любили.
Любимая!
Вы меня не любили.Помнишь, помнишь, помнишь,
Ты всё, конечно, помнишь,
Помнишь, помнишь…Любимая!
Вы меня не любили.
Любимая!
Вы меня не любили.
Любимая!
Вы меня не любили.
Любимая!
Вы меня не любили.

Помнишь?

Tu te rappelles, tu te rappelles, tu te rappelles,
Tu te rappelles, bien sûr, de tout
Tu te rappelles, tu te rappelles,
Tu te rappelles, bien sûr, de tout.
Vous vous souvenez, bien entendu, vous vous souvenez
Comme j’étais debout près du mur,
Troublée vous marchiez autour de la pièce,
Et quelque chose de cassant dans votre visage me rejeta.
Vous dîtes alors: Il est temps de nous séparer,
Qu’est ce qui vous tourmentait ma folle vie
Qu’est ce qu’il vous deviez faire de si urgent,
Et mon destin est de glisser toujours plus bas.
Ma bien aimée!
Vous ne m’aimiez pas.
Mon aimée!
Vous ne m’aimiez pas. Excusez-moi … Je sais que vous n’êtes pas comme ça
Vous vivez avec un mari sérieux et intelligent;
Ce que vous n’aviez pas besoin de notre souffrance,
Et moi-même pas le moins du monde.
Vivez comme vous conduit votre étoile
Dans l’ombre nouvelle: l’entrée.
Sincères salutations, pensant toujours à vous
Votre familier, Sergueï Essenine
Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas.
Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas.
Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas
Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas.Tu te rappelles, tu te rappelles, tu te rappelles,
Tu te rappelles, bien sûr, de tout
Tu te rappelles, tu te rappelles…

Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas.
Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas.
Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas
Ma bien-aimée!
Vous ne m’aimez pas.

Tu te rappelles?

Sergueï Essenine l’homme noir

Alexei Gorsheniov du groupe du groupe Kukryniksy reprend des poemes du poete Sergei Essenine qu’il adapte à la guitare. Par exemple ici l’homme noir.

КУКРЫНИКСЫ (Горшенев – Есенин. Душа поэта) – Черный человек

Paroles Sergueï – Essenine l’homme en noir
Друг мой, друг мой,
Я очень и очень болен.
Сам не знаю,
Откуда взялась эта боль.
То ли ветер свистит
Над пустым и безлюдным полем,
То ль, как рощу в сентябрь,
Осыпает мозги алкоголь.
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
На кровать ко мне садится.
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
На кровать ко мне садится. »Слушай, слушай! –
Хрипит он, смотря мне в лицо,
Я не видел,
Чтобы кто-нибудь из подлецов
Так ненужно и глупо
Страдал бессонницей.
Сам всё ближе и ближе
Ко мне клонится. Ах ты, ночь!
Что ты наковеркала?
Я один стою…
И разбитое зеркало…Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
На кровать ко мне садится.
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
На кровать ко мне садится.Чёрный, чёрный!
Пальцем водит по мерзкой книге
И, гнусавя,
Как над усопшим монах,
Читает жизнь мне
Прохвоста и забулдыги,
Нагоняя
В душу тоску и страх.Ах ты, ночь!
Что ты наковеркала?
Я один стою…
И разбитое зеркало…Ах ты, ночь!
Что ты наковеркала?
Я один стою…
И разбитое зеркало…Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
На кровать ко мне садится.
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
Чёрный, чёрный человек,
На кровать ко мне садится.Месяц умер, месяц умер,
И в окошке рассвет.
Ах ты, ночь! Что ты, ночь,
Наковеркала?
Я в цилиндре стою.
Никого со мной нет.
Я один, я один…
И разбито зеркало…
Mon ami, mon ami,
Je suis malade à en crever.
Mais cette douleur d’où me vient-elle ?
Est-ce le vent qui siffle
Sur les champs déserts, désolés,
Ou bien, comme les bois en septembre,
C’est l’alcool qui effeuille ma cervelle…
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Sur le lit avec moi assis.
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Sur le lit avec moi assis. »Ecoute, Ecoute! –
Il rala, en me regardant le visage,
Je n’avais pas vu
Qu’une canaille
Si inutile et stupide
Souffre d’insomnie.
De plus en plus près
se penche vers moi.
Oh, toi la nuit!
Qu’est ce que tu as fabriqué?
Je suis seul …
Et un miroir brisé …Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Sur le lit avec moi assis.
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
S’asseoit sur mon lit. Noir, noir!
Avec le doigt conduit dans un livre abject
Et, nasillard ,
Comme un moine sur un mort
Me lit la vie
d’une canaille et d’un ivrogne,
M’inspirant
De la tristesse et la peur.Oh, toi la nuit!
Qu’est ce que tu as fabriqué?
Je suis seul …
Et un miroir brisé …Oh, toi la nuit!
Qu’est ce que tu as fabriqué?
Je suis seul …
Et un miroir brisé …Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
S’assois sur mon lit,
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Noir, homme noir,
Sur le lit avec moi assis.La lune est morte, la lune est morte,
L’aube bleuit la fenêtre.
O nuit, Nuit, que m’as-tu donc conté ?
Je suis là, en haut-de-forme,
Et à part moi, personne,
je suis seul.
Et mon miroir est brisé.

Alexandre Vassiliev: On scie le budget

Paroles Alexandre Vassiliev- Groupe Splin: On scie le budget
Мы пилим бюджет

Мы пилим бюджет. Осторожно, опасная зона !
Мы пилим бюджет по инструкции, в рамках закона,
Нам все механизмы известны и схема знакома.
Мы пилим бюджет. Выше локтя закатан манжет.

Мы пилим бюджет. Нам известны пароли и пины.
Мы пилим бюджет потому, что нам выдали пилы.
Мы пилим мосты, эстакады, компании, скважины, трубы;
Стараемся тихо пилить – но бывают и трупы.
Мы пилим бюджет – это редко проходит без жертв.

Мы пилим бюджет. Хладнокровно и яростно. Вовсе
Нам небезразлично, как нас пропечатают в « Форбсе ».
Не будем скрывать и скрываться – откроем вам карты :
Мы пилим бюджет и нам платят за это откаты.

Нам платят за это. Мы делаем то, что умеем.
Завидуйте нам – мы довольны всем тем, что имеем.
Мы пилим бюджет – и нам нравится эта работа.
Пока, неудачники ! Smoke on the water.

Nous scions le budget.
Nous scions le budget. Attention zone dangereuse!
Nous scions le budget suivant les instructions, dans le cadre de la loi,
Les mécanismes nous sont connus et le circuit nous est familier.
Nous scions le budget. Manches retroussées au-dessus du coude.Nous scions le budget. Nous connaissons les mots de passe et les codes secrets.
Nous scions le budget, parce qu’on nous a octroyé des scies.
On scie ponts, bretelles d’autoroutes, entreprises,  puits, conduites;
On s’efforce de couper discrètement – mais parfois il y a des cadavres.
Nous scions le budget.- ça se passe rarement victimes.

Nous scions le budget. De sang froid et violemment. Il ne nous est pas du tout
indifférent la façon dont nous classe le magazine « Forbes ».
On va pas se cacher et ni vous le cacher – on vous montre notre jeu:
Nous scions le budget et on touche des rétro-commissions dessus.

Nous sommes payés pour cela. On fait ce que l’on sait faire.
Enviez nous – nous sommes satisfaits de tout ce que nous avons.
Nous scions le budget.- et nous aimons ce travail.
Salut les loosers! Smoke on the water.

Moscou: invitée du salon du livre de Paris 2012


Cette année, 2012 étant l’année de l’échange culturel Franco-Russe, le salon du livre met à l’honneur la Russie en invitant la ville de Moscou. Bien sur un grand nombre d’auteurs Russes seront présents, mais il y aura aussi des auteurs français qui écrivent sur la Russie. Du coté Russe il y aura donc:

Boris Akounine
Iouri Bouïda
Dmitri BykovMikhaïl Chichkine   18 mars
Léonid Guirchovitch
Andreï Guelassimov  16-17 mars
Mikhaïl Iasnov
Ilya Kotcherguine 17-18 mars
Sergueï Makhotine
Iouri Mamleev
Mikhaïl Mokienko
Maxime Ossipov
Zakhar Prilepine 16-17 mars
Lev Rubinstein
Olga Sedakova
Olga Slavnikova
Natalia Sokolovskaïa
Tatiana Tolstoï
Evguéni GRICHKOVETS 16 mars

et du coté Francais:

Alexandre ADLER 17 mars
Emmanuel CARRèRE 17 et 18 mars
Gérard CONIO 18 mars
Jacqueline DE ROUX 16 mars
Géraldine DUNBAR 17 mars
Vladimir FÉDOROVSKI 17 mars
Lydwine HELLY  16 mars-18 mars
Béatrice PICON-VALLIN 16 mars
Dominique Fernandez et bien d’autres…

Des dédicaces donc mais aussi des conférences comme une discution autour de Boris Pasternak avec l’auteur et la traductrice de l’excellente Biographie de l’auteur du Docteur Jivago le vendredi 16 mars à 17h. De nombreuses rencontres sont ainsi organisées entre un auteur et son traducteur. Il y aura également une table ronde sur le thème écrire la Russie aujourd’hui samedi 17 mars à 19h30. Et encore des thèmes plus profonds comme Le livre imprimé et le livre numérique peuvent-ils coexister? ou Quelle influence a eu l’émigration russe sur la culture française ? et Quel rôle jouent les prix dans la vie littéraire ? .

On ne peut que se féliciter que les écrivains Russes contemporains soient ainsi traduits, édités, invités, et médiatisés en France. Car la Russie est un pays d’une formidable créativité pas toujours bien connue en France mais aussi un pays ou le marché du livre et en général des produits culturels est difficiles.

Enfin l’événement sera présent à la radio par exemple dans des émissions de France Inter.

Julia Kristeva au salon du livre Fiction/Non Fiction

Vous avez devant vous mesdames et messieurs une citoyenne européenne d’origine Bulgare et qui se considère comme une intellectuelle cosmopolite. Et c’est avec un sentiment de dette et de fierté que je porte dans le monde globalisé qui est le notre aujourd’hui les couleurs de la république Française dans les divers pays et continents. Je l’écris dans ce livre qui n’est pas encore traduit en Russe, je l’écris et je me permets de le répéter ici: nulle part on est plus étranger qu’en France, mais nulle part on est mieux étranger qu’en France. Pourquoi? parce que au delà de l’ambiguïté de l’universalisme, car vous savez que l’universalisme est issu des lumières Françaises, la tradition Française du questionnement, la place des intellectuels, et l’importance du forum politique dont les lumières sont un des exemples et qui caractérisent la culture française. Tout cela permet de relancer le débat intellectuel et de le relancer en France plus dramatiquement et plus lucidement qu’ailleurs. Ce débat intellectuel constitue me semble t il, le véritable antidote à ce que j’appellerais “la dépression nationale”qui caractérise beaucoup de pays aujourd’hui, peut être la Russie aujourd’hui, la France bien sûr. C’est également un antidote au Nationalisme qui est la version maniaque de la dépression .
Je rend donc hommage à la culture française, et j’en parle aujourd’hui parce que vous êtes dans un cadres où c’est la France qui est l’invitée d’honneur, qui m’a adoptée et qui n’est jamais plus française que lorsqu’elle rit d’elle même. Deux penseurs forts différents:
Saint Augustin: une seule patrie le voyage. Et une de mes héroïnes qui se trouvait dans le roman traduit en Russe, dit ceci: je me voyage. C’est une manière de dire, je suis multiple je n’ai pas d’identité fixe.
Jean de la Fontaine dans un texte peu connu mais qui est un texte français vous allez l’entendre parce qu’il s’agit de nourriture, le texte s’appelle le pâté d’endive, et bien Jean de la Fontaine dit “diversité c’est ma devise”.
L’homme et son langage nous apparaissent ici dans l’espace culturel européen, comme une mise en question, comme une interrogation permanente, qui ouvrent les mémoires, au delà des valeurs et des identités figées, à la vie du langage, à la vie de l’homme, qui ne peuvent en vie que s’ils sont une révolte permanente. C’est cette idée là de l’homme que je voudrais défendre avant d’arriver à la notion de liberté.
L’identité comme révolte permanente et comme épreuve de la vérité. On passe de Descartes à quelque chose d’autre et qui est la mise en question de l’identité, on arrivera à Freud. Il en résulte donc une étrange conception de l’identité. Nos identités ne sont en vie que si ces identités se découvrent étrangères à elles même. Autres. Différentes. Tel est le constat aussi de la littérature moderne, qui est une littérature carnavalesque, en dialogue, en sujet polyphonique, cette question de l’identité comme dialogue est aussi ce que les sciences humaines découvrent également, et que l’expérience psychanalytique met en évidence.
Je pense que nous n’avons pas encore pris les mesures exactes de cette identité polyphonique et de ces conséquence pour le pacte social et en particulier pour le sens de la nation. Si nous ne sommes des hommes et des femmes ivres en tant d’étrangers à nous même et bien il s’en suit que le lien social et la nation ne sont pas une association d’identités, mais une fédération d’étrangetés. On a du mal à traduire ce mot étrangeté en Russe, on dit souvent, одиночество что нибудь такого. это особиность excentrique et exceptionnel, spécificité федераци спесифичесносты ne serais ce pas la meilleure façon pour la nation de s’inclure dans l’espace européen? Europe comme fédération d’étrangetés, tel est mon rêve de liberté auquel je vais revenir.
Je suis convaincu que ce rêve ne peut être un véritable antidote à ce qui nous menace maintenant, Hannah Arendt l’avait appelé la banalité du mal, je l’appelle moi la banalisation des cultures et automatisation de l’espèce. Ils s’appuient sur une certaine vision de la nation et de la langue nationale. Il nous faudrait résister à l’universalisme banalisant et au communautarisme banalisant par une décomplexification de l’identité nationale. Et essayons de décomplexer l’identité nationale sans tomber dans le patriotisme nationaliste. Par exemple de l’exception française. Je pense qu’il importe de souligner la contribution spécifique de chaque pays dans divers domaines de la vie sociale. Parmi lesquels le développement culturel, son rôle dans l’histoire et sa valeur internationale que les autres peuples peuvent apprivoiser à leur tour de manière spécifique. J’ai préparé dans cet esprit, pour le conseil économique et financier français, un avis sur le message culturel français et la vocation interculturelle de la francophonie. Et je vais le résumer très rapidement parce que si nous parlons de la langue Française, ça mérite d’être dit . Il s’est forgé un aliage très particulier dans la culture Française, entre la langue nationale et les expressions culturelles. Et cet aliage est tellement fort et le goût de cette langue nationale qu’en France la langue est devenue presque l’équivalent du sacré. Je n’éentrerai pas dans les détails de cela mais beaucoup de ceux qui connaissent la culture française savent combien ce lien est important. En même temps ce sacré n’est pas figé, parce que c’est dans la littérature qu’il vit, qu’il respire et qu’il se modifie. Et last but not least, cette vie de la langue à travers la littérature, nous sommes appelés à le transmettre à l’étranger, d’abord dans la francophonie nationale avec les nouveaux venants pour leur apprendre le goût de Rabelais et de Voltaire, mais aussi pour transmettre cela aux autres et les inviter à avoir la même fiereté de leur propre langue nationale. C’est ce que je dis en ce qui concerne les autres membres de la francophonie que sont les ukrainiens ou les bulgares, qui n’ont pas le francais comme langue de partage mais qui acceptent ce gout francais pour la langue nationale.
Tout ca pour dire que la vision que j’ai de la culture européenne, qui était le berceau de l’identité, est devenue aujourd’hui le seul point dans lequel on se rend compte que l’idée d’identité est sinon futile du moins reconstructible et dépassable, que l’identité n’est pas un culte mais une interrogation et en tant que tel nous somme l’espace culturel mondial où nous allons à contre courant du culte actuel de l’identité. Vous avez le chinois qui croit qu’il est chinois, vous avez le musulman qui croit qu’il est musulman, et être le Francais, le Russe, le Juif quelque part ils croient qu’ils sont dans un culte de leur identité, comme la femme, le gay…dans l’espace européen, à coté de cette certitude, s’élabore une autre qui est l’identité est un questionnement., et cet antidote du culte est quelque chose qui fait respirer l’espace culturel mondial, c’est un antidote à la mondialisation banalisante, et aux heurs des identités que l’on appelle des heurs de religions, c’est pourquoi le rôle des sciences humaines et de la littérature, clarifie ce questionnement de l’identité est à comprendre comme un rôle fondamentalement éthique et de ce point de vue important à valoriser.
Ceci c’est fait dans notre culture parce que la culture européenne elle même est au carrefour entre l’espace gréco romain, la tradition juive biblique, la tradition chrétienne et la greffe musulmane, et nous arrivons avec cela à une notion de l’homme que nous devons comprendre dans sa multiplicité, et dans son essence interrogative, et non pas dans son essence identitaire figée. Europe est donc une identité politique qui parle déjà autant de langues sinon plus qu’elle ne représente de pays, et je suis très impressionnée de constater que les étudiants qui viennent me voir dans le cadre de l’erasmus, sont en position de se poser des questions sur le culte identitaire que l’on impose à droite ou à gauche. Cette identité polyphonique du monde européen, de l’homme européen, de la femme européenne est un atout, en même temps une fragilité, une difficulté ce n’est pas facile de coordonner tout cela. Mais c’est une respiration extraordinaire.
Le futur homme du monde sera à l’image de cet européen. Un sujet singulier au psychisme intrinsèquement pluriel. Bilingue, trilingue, multilingue, et le grand pari sera de savoir si par facilité va t il se réduire au globish english ou il utilisera le globish english pour le marché et il gardera le multilinguisme comme accès à cette intériorité polyphonique que nous lègue la culture européenne.
Pour aborder la question de la liberté, si vous permettez je vous demande votre attention, je vais faire un bref recours à la psychanalyse . J’ai eu l’honneur hier de recevoir le titre de docteur honoris clausa de l’université Lomonosov et je me suis rendu compte de l’importance qu’on la psychologie et la psychanalyse dans l’esprit des jeunes étudiants qui étaient là, quel que soit le soit disant déclin de la psychanalyse dont on nous parle aujourd’hui, le sujet tel que la psychanalyse le comprend, nous es légué par la tragédie greque. L’homme grec est un homme qui veut savoir. Il pose des questions à la sphinx, qui suis je? C’est l’homme de la science, il est sur un carrefour, il s’avère que c’est un homme tragique. Le sujet du savoir est le sujet de la tragédie. Qu’est ce qu’il veut savoir? Il veut savoir s’il aime. On lui montre qu’il aime son père, il veut tuer sa mère. Nous disons l’homme qui veut savoir est un homme tragique parce que c’est l’homme de “l’hainomoration”. Haine-amour- “hainomoration”. C’est le sujet de l’oedipe, l’homme qui veut savoir, c’est un homme tragique. Alors est ce que cet homme tragique n’est pas en difficulté aujourd’hui?
Je dis oui. Il est en difficulté parce que la famille avec papa, maman est en train de se détruire. L’autorité est en train de se détruire. Sur le divan qu’est ce que l’on entend. Les borderlines, les forselves, les personnalités comme si, ce que j’entends par les nouvelles maladies de l’âme. C’est à dire la toxicomanie, la violence, les maladies psychosomatiques. Sur le plan psychique Annah Arhent l’a constaté déjà, c’est le jugement même qui est en difficulté, les gens n’arrivent pas à penser, n’arrivent pas à juger. Nous avons créé en France un prix qui s’appelle Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes. Et nous allons donner ce prix au mois de janvier à une écrivaine russe, Madame Oulitskaya, parce que je pense et notre jury le pense. Pour la liberté des femmes il ne faut pas seulement se battre comme militantes mais il faut montrer que l’on peut penser librement. Et c’est ce que fait madame Oulitskaya sur le plan de la littérature et de ses positions politiques. Mais ce que je trouve en France c’est que beaucoup de jeunes femmes de banlieue, par exemple mais pas seulement, ne savent pas ce que veut dire le mot liberté et pour elle, le mot liberté ça veut dire choix. Mais c’est une façon mercantile de voir la liberté. C’est le marché qui nous demande choisir entre le produit x et y. La question de la liberté est beaucoup plus profonde, je vais l’aborder enfin.

Pour ouvrir les jeunes à la question de la liberté, nous allons accompagner le prix Simone de Beauvoir que nous allons décerner à Madame Oulitskaya, par un forum où nous allons demander aux jeunes des écoles de réfléchir sur des textes de Simone de Beauvoir sur la liberté pour amorcer la capacité de se pencher sur la subjectivité, libre ou pas libre. Ce qui me conduit à vous parler de deux notions de liberté que nous avons dans l’espace européen et que vous avez sans doute en Russie aussi et sur lesquelles je voudrais insister parce que cela rend les libertés aujourd’hui difficiles.
Après la chute du mur de Berlin, nous nous sommes rendus compte qu’il existe une différence entre entre deux modèles de culture, la culture européenne et la culture nord américaine. Je fais cette différence de manière, de façon schématique tout en pensant que ce sont deux versions que nous partageons des deux cotés de l’atlantique. Que ces deux versions existent aussi bien en Europe qu’aux états unis. Ce sont donc deux versions différentes mais complémentaires. La première c’est ce que vous trouvez chez Kant, dans la critique de la raison pure de 1781. Kant va écrire pour la première fois au monde que la liberté n’est pas une opposition. Banalement vous pensez que vous êtes libres si vous pouvez dire non. Si vous pouvez protester, si vous pouvez vous révolter. Kant ne dit pas ça. Vous êtes libres non pas quand vous dites non, parce que sinon votre liberté est subordonnée à ce contre quoi vous vous révoltez. Non, vous êtes libres quand vous pouvez prendre une initiative. Quand vous allez commencer quelque chose. Tout à l’heure madame a protesté, elle a bien fait, mais la véritable liberté c’est quand on trouve une solution. Donc la notion Kantienne de la liberté, c’est la liberté comme self begining, commencement de soi, sebst ampfang, qui néanmoins est subordonné à une cause, on est subordonné à la cause divine au mieux, c’est Dieu qui nous commande. Le devoir, la transcendance. Et l’on se rend compte de plus en plus que dans le monde moderne cette cause supreme c’est le marché. La crise financière en est un exemple. Qui gagne plus est le mieux placé. Donc la libre initiative, le self begining, est devenu une adaptation au marché. Cette liberté je ne la récuse pas. Je pense que pour tous ceux qui sont exclus du marché c’est important de pouvoir prendre sa place dans le marché. Je dis simplement, qu’elle n’est pas la seule et que ce serait regrettable que l’être humain réduise sa liberté à cette liberté adaptation.

Nous avons une autre liberté dans le monde de la culture européenne tel que je l’ai tracé à grands traits. Cette autre liberté a été développée dans le séminaire de heidegger qui était une analyse de la pensée de Kant et qui s’intitule l’essence de la liberté humaine, que je vous recommande, il s’agit là de la liberté comme rencontre surprennante avec l’autre. Je suis libre quand je vous rencontre dans votre altérité, dans votre différence et quand vous me rencontrez dans la mienne. Tout en gardant nos différences. La rencontre des différents, où ça se fait. Ca se fait dans l’exemple que je trouve et j’ai développé ça dans la présentation de mon travail au prix Olberg il y a quelkques années. Le gouvernement Norvégien c’est aperçu qu’il n’existe pas de sciences humaines dans le palmares du Nobel. Et ils ont créé le prix Olberg, les Norvégiens ont beaucoup d’argent parce qu’ils ont beaucoup de pétrole et ils ont créé ce prix Olberg pour honorer les sciences humaines. Et j’ai eu l’honneur de recevoir ce premier prix. Ce que j’essayais de dire en développant d’avantage. C’est que la liberté comme rencontre, comme rencontre de différent, se manifeste par exemple dans la création artistique, dans la fiction, on a dit non fiction , mais si vous regardez la philosophie française moderne, elle n’est pas seulement un discours systématique. elle est très souvent un discours systématique qui devient fictionel. Il y a beaucoup de littérature dans une philosophie de Rolland Bartes ou de Jaques Derida ou de Deuleuze ou de Julia Kristeva. Et c’est Freud qui nous a appris que la fiction est un lieu de liberté parce que le langage de la fiction est proche de la sensation de” la pulsion, de l’érotisme, de la mort, des profondeurs de l’être humain. Les Jésuites savaient ça, Baltazar Gracian disait “l’étrange profondeur des mots”.Et bien le philosophe des sciences humaines qui n’est pas capables de donner l’étrange profondeur des mots. Ben c’est pas la peine qu’il philosophe. Ca ne passe pas.

Nous sommes amenés dans le non fiction de passer par l’imagination et la pensée de Freud est constamment de passer de bord à bord entre ça. Donc c’est une liberté. C’est une liberté de pensé qui passe par l’interface de fiction et non fiction et c’est le rôle des sciences humaines et c’est la particularité des sciences humaines, leur richesse aussi. Une autre figure de cette liberté de Heidegger que je traduis à ma façon à travers Freud c’est aussi l’homme révolté. L’homme révolté de Camus. L’homme révolté qui n’accepte pas le Diktat. Qui dans le champ social se pose des questions. Qui essaye de transformer l’enfermement national ou nationaliste. Et puis aussi l’espace de liberté c’est l’espace de transfert. C’est à dire là où je crée un lien affectif avec l’autre et je parle à travers ce lien affectif qui est une sorte de relation amoureuse mais une relation amoureuse qui va être élucidée, que j’essaierai de comprendre pour pouvoir créer dans le champs social des relations de ce type.

Je vais finir par un autre exemple de liberté que j’emprunte à Hannah Arendt que je considère comme un génie féminin et j’ai consacré une trilogie à trois femmes qui sont pour moi des exemples de génie féminin au vingtième siècle. Hannah Arendt, Mélanie Klein, et Collette. Hannah Arendt s’est demandé à la fin de sa vie quelle était la forme optimale du lien politique. Elle n’a pas élaboré ça, elle est morte avec une feuille sur sa machine à écrire qui est une interrogation sur le jugement esthétique selon Kant et elle creuse cette idée de jugement esthétique. Qu’est ce que le jugement esthétique qui n’est pas un jugement au sens juridique du terme. Le bien et le mal. Je te condamne, tu es criminel etc. Le jugement esthétique dit elle d’après Kant se fonde sur le goût qui est le plus archaïque des sens. Le bébé entre en contact avec le monde à partir du goût. Mais le goût esthétique c’est quoi? Quand nous sommes dans un concert ou dans une pièce de théâtre chacun a son goût, et chacun juge à partir de son goût c’est à dire une relation affective irriguée par du jugement. Mais par réduite à du jugement. Vous voyez toujours à ce carrefour entre corps et sens. Ceux qui participent à ce concert ou cette pièce de théâtre, ils ont leur jugement chacun, individuel. Mais quand ils sortent ils ont la conviction d’avoir participé à un lien commun qui les rattache au texte musical ou dramatique.

Et bien Hannah Arendt imagine un jour un lien politique qui serait basé sur le jugement esthétique ou chacun garderait sa sensibilité de sujet sensible et lucide et qui feraient des communautés qui respectent cette singularité. Vous voyez l’utopie? c’est cette utopie là qui est je crois à l’étape actuelle de l’humanité, de toute civilisation comprise le point le plus avancé où l’être humain ait pensé la liberté. C’est mon rêve et j’aimerais que vous y réfléchissiez après la fin de ce forum, de cette rencontre et de cette foire du livre. Je vous remercie de votre attention.