En Russie

La liberté qu’est ce que c’est?

Je suis en train de lire Un roman français de Frédéric Beigbeder. Il faut dire qu’il écrit beaucoup mieux sur les sujets qu’il connaît bien. Autant son livre sur la Russie était un désastre, autant son autobiographie et le récit de sa garde à vue sonne juste (prix Renaudot quand même!). Fait très intéressant il faut enfermer Beigbeder pour qu’il retrouve la mémoire, la privation de liberté déclenche l’écriture.

On se rend rapidement compte à la lecture de cette vie que la société a beaucoup évolué en quelques décennies. On a plus le droit de rien faire qui nuise à sa santé. On a plus le droit de se détruire, de prendre des risques…

Quand j’étais petit, on ne mettait jamais sa ceinture dans une automobile. Tout le monde fumait partout. On buvait au goulot en conduisant. On slalomait en Vespa sans casque. On baisait sans capote. (…) On pouvait dévisager une femme, l’aborder, essayer de la séduire, peut être de l’effleurer sans risquer de passer pour un criminel. La grande différence entre mes parents et moi: dans leur jeunesse les libertés augmentaient; durant la mienne elles n’ont ait que diminuer, année après année.

Alors que dans le même temps la police procède à des gardes à vue illégales et moyenâgeuses et pour lesquelles la France est régulièrement condamnée.

Chers lecteurs français, des personnes présumées innocentes sont TOUS LES JOURS déférés dans ce cloaque réfrigéré et putride AU PAYS DES DROITS DE L’HOMME.

Soit dit en passant l’expression le pays des droits de l’homme pour désigner la France (ou tout autre pays) fait penser à la rhétorique soviétique évoquée par Boris Grebenchikov à propos de son enfance dans sa récente interview à la première chaîne.

La description du procureur fait froid dans le dos:

Il faut savoir que Jean-Claude Marin peut peut détruire la vie de n’importe quel habitant de la capitale de la France.  Jean-Claude Marin peut envoyer une escouade de flics sur-le-champ chez moi ou chez Grasset  quand il le désire. Sur les photos, Jean-Claude Marin porte une cravate triste et un costume rayé pour que personne ne sache qu’il est extrêmement puissant (c’est sa tenue de camouflage à la JCM)

La société française est décidément bien paradoxale. La société russe n’est pas nécessairement plus libre mais voyez plutôt pour finir une petite vidéo très réjouissante du groupe Lofti Band: Sexe et Whisky. Tout est permis. Je dévoile la surprise à la fin parce qu’une audience française ne trouvera pas la blague extraordinairement drôle. Le personnage que l’on reconnaît à la fin est une sorte d’icone des geeks russes. Anatoli Vasserman, le contraire d’un sex symbol, plutôt une grosse tête et un gros ventre, journaliste et analyste politique, champion de jeux télévisés. Clin d’œil croustillant.

Peter Nalitch

Peter Nalitch est un jeune chanteur Moscovite tout a fait exceptionnel. Un visage séduisant et très ouvert, une voix très étendue qui lui permet de tout chanter, un humour et un sens de l’autoderision à toute épreuve, des rythmes dansants… Bref il a tout pour plaire. Ses concerts respirent la joie et la bonne humeur et il plaît à une très large audience, aussi bien les parents que les enfants se laissent entraîner par sa musique.

Seul bémol: ses chansons en Français ne sont pas vraiment au point. peter

N’ayant pas de relations dans le business il s’est d’abord fait connaître par une video virale de ce qui reste son plus grand tube Guitar ou il chante dans « un anglais tsigane ».

Nouvelle rubrique: la rubrique chat

Je me rend compte qu’il manque une rubrique très importante sur ce blog c’est la rubrique chat. En effet tout bon blog qui se respecte doit publier des photos de chat, des chansons sur les chats, des histoires de chat, de l’humour de chat, des recettes de croquettes pour chat… Bref ce que les américains appellent le CatBlogging et que certains bloggers réactionnaires dénoncent d’ailleurs avec le mouvement Blog Sans Chat.

Ce blog est donc AVEC chat. Nous allons commencer cette rubrique avec l’une des chansons de la comédie musicale Stilyagi chelovek i kochka, un homme et un chat. C’est Serguei Garmach qui l’interprète ici dans le film.

Il s’agit en réalité il ne s’agit pas du tout d’une chanson des années 50 mais elle a été choisie pour sa mélodie qui collait bien au film. C’est le groupe de rock Nol de Leningrad qui en est à l’origine.

Les paroles ont à voir avec le milieu rock des années 80 à Leningrad.

Avoir son style, ou pas

La comédie musicale du moment c’est Stilyagi, cette bande annonce résume très bien le film. Une histoire d’amour, de liberté, de musique, de sexe, de style dans une union sovietique ultra moralisatrice et fermée.
C’est en 1955 a l’époque ou l’opéra de George Gershwin, Porgy and Bess, est monté a Saint Petersbourg et Moscou, avec des acteurs noirs et de la musique venue d’ailleurs. Truman Capote a très bien raconte cet épisode dans les muses parlent. Dans cette société très conservatrice donc, des jeunes pourtant rêvent de liberté, de musique et de style différent. Ils aiment le jazz, les vêtements colores, mais ils ne recopient pas la culture américaine parce ils connaissent en réalité très peu de l’Amérique si ce n’est la musique qui traverse les frontières grâce a la radio (quoique la radio américaine à Moscou je ne suis pas sûr que ce soit réel). Ils s’inventent leur Amérique, leur style, leur vie, ils sont différents dans une société qui ne tolérait pas la différence.

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