Coockoo – Quand nous étions jeunes

Cette semaine par la magie des podcasts j’écoutais la chronique d’Alexi Ipatostev sur france culture du mois de février dernier. Magie parce qu’il faut dire que ce chroniqueur n’existe plus à la radio. Sa chronique s’ouvrait sur une question:

Pourquoi écouter du rock russe quand on peut écouter The Cure, The Smiths ou New Order ? On peut dire la même chose des autres chanteurs et groupes rock, qu’ils soient français, brésiliens ou polonais. A quelques rares exceptions près, peu de groupes venant d’ailleurs que « l’anglosphère » ont su innover véritablement la chanson rock. L’originalité du funk brésilien, du rap chinois ou du punk tchèque se trouve surtout dans les textes. Et les petites innovations musicales locales ne retiennent pas l’attention du public globalisé. Bref, si vous ne chantez pas en anglais vous n’avez aucune chance de rentrer au panthéon du rock.

Il donne ensuite un contre-exemple avec le violoncelliste du groupe Aquarium Seva Gakkel. En ajoutant que selon lui c’est la seule originalité du rock russe.

Je doute que cela soit vraiment la seule originalité mais à ses yeux, ou à ses oreilles, il en est ainsi. L’innovation notable dépend aussi beaucoup de l’auditeur, est ce que cela trouve une résonance en lui, ou non? Du distributeur aussi, est ce que l’on va présenter cette musique comme novatrice et intéressante ou comme excentrique et sans intérêt? La frontière de l’avant garde et du n’importe quoi peut être très fine. Ce qui est certain c’est que notre monde a changé.
Le monde d’aujourd’hui est beaucoup plus globalisé et l’on peut faire tout type de musique n’importe où, par exemple Coockoo, ces passionnés russes de British pop qui sont montés à Londres avec leur propres moyens pour enregistrer leurs chansons pas seulement en Anglais mais avec l’esprit anglais. Ils utilisent les moyens d’internet, conquièrent un public dans le monde entier. L’an dernier ils avaient ainsi récolté de l’argent pour leur troisième album sur Indiegogo en faisant appel à toute la planète.

Cette semaine Coockoo a donc sorti son nouveau clip « quand nous étions jeunes ». Rien de très original certainement vu de la scène britannique, mais vu de Moscou, cela m’inspire plusieurs réflexions. Nous y voyons des paysages d’Europe (les Alpes, Paris, Venise, la Bavière…) typiquement le parcours que vont suivre les jeunes touristes russes en quête d’un monde moins gris et plus grisant. Et comme tout parcours touristique la magie cessera lorsqu’on y sera passé, le lieu inaccessible lorsqu’on y accède devient un lieu banal et réel. Bienvenue dans le monde de la consommation et du tourisme. Alors on regrette ses illusions, les illusions que l’on croyait être le bonheur. Maintenant que l’on a l’argent pour voyager et tout se payer plus rien n’a d’intérêt, on achète tout à coup de dollars, on a plus de rêves, plus d’illusions, il ne reste que le cynisme et l’argent alors on se plait à regretter l’avant. Avant de passer le miroir. Avant, lorsque notre seule richesse étaient nos rêves et lorsque l’on était plein de bonheur, d’insouciance et d’espoir à la fois.
A mes oreilles cette chanson est très pessimiste mais très Moscovite à la fois, la ville où les jeunes sont déjà moins jeunes que les vieux.

EDIT: bien sûr ce n’est que mon regard subjectif au moment où j’ai vu le clip. Je comprends que quelqu’un d’autre le verra autrement ou simplement que les auteurs n’entendaient pas forcément parler des mêmes illusions perdues.


Coockoo – When We Were Young

I hear your voice, but it is not my choice
We had to go and find out what are these illusions

I have been waiting for it but too long
I am tring so hard but there is nothing in it to be lost in time
When we were young, when we were stupid enough to be happy
Back in time when we were young, when we were brave enough to be happy

Travel through time, Travel throug my mind
I will stay here for the winner grow we know
Icecream, raise hand we we thought we had it all, when we all came to our homes
Washing out all these illusions

I have been waiting for it but too long
I am tring so hard but there is nothing in it to be lost in time
When we were young, when we were stupid enough to be happy
Back in time when we were young, when we were brave enough to be happy

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