En Russie

Dessins animés politiques anti-Navalny

Comme dans toutes les grandes campagnes électorales russes, il y a des dessins animés pour guider l’électorat. Cette série de petites animations est sensée ridiculiser Navalny et ses partisans.

Elle est diffusée essentiellement sur youtube et est proposée massivement aux internautes, dans le cadre des vidéos qui font la tendance (la section trending ) ou peut être dans le cadre d’un programme publicitaire. Toujours est il que les internautes n’ont en général pas l’air d’apprécier l’humour, un peu lourd il est vrai, que ces clips contiennent. Leur le seul but est de stigmatiser Navalny et ceux qui auraient quelque sympathie pour sa cause. Il y a beaucoup « de dislikes », parfois jusqu’à 5 fois plus que de « like » preuve que ils ne font pas vraiment mouche. Il y a de l’argent pour discréditer Navalny en ligne, par des commentaires payés, des clips musicaux comme Alica Vox ou Dimitri Vetchennikov ou encore ces petits films d’animation. Mais c’est en général très mal fait, repose sur l’intimidation, provoque un petit malaise et on en vient même à avoir pitié de leur cible.

Le dernier en date s’appelle la trahison, il est sorti aujourd’hui même et montre le jour du scrutin des élection présidentielles russe, le 18 mars 2018 donc, dans un bureau de vote normal, un jeune homme prend un bulletin va dans l’urne et se rend compte que Navalny n’est pas sur le bulletin de vote. Il a alors des larmes pensant romantiquement au monde merveilleux des manifestations illégales et des arrestations de la police. Son rêve s’arrête lorsqu’un pote lui texte que GTA VI est sorti. Il se précipite alors au dehors et annule sous un prétexte bidon tous ses engagements ultérieurs pour pouvoir jouer à la console. Navalny a été trahi par ses partisans qui sont des débiles et qui oublié de voter pour lui et d’aller à ses manifs à cause d’un jeu vidéo.

Les autres épisodes de la série sont: le fiasco des manifestations, le temps des mesures radicales (un garçon qui glisse sur une peau de banane est une victime du régime), la ligue de la justice (Navalnam est le Batman justicier qui ne fait que des vidéo et laisse tomber les victimes), les enquêtes de FBK qui aboutissent au tricotage d’un pull, tout est de la faute du Kremlin (les SDF qui puent par ex.), qui marche pour Navalny (des zombies bien sûr).





2 comments

    1. C’est affligeant, mais c’est effectivement là qu’en est le débat politique (entre l’opposition libérale et le pouvoir) en Russie depuis une dizaine d’années : un concours de «mèmes» sur Twitter et vk.

      C’est à celui qui fera le montage le plus navrant, le commentaire le plus cynique, la blague la plus basse. Le pouvoir utilise toutes les méthodes, des bons vieux harceleurs comme «torquemada hell» (aka Хэлл), qui s’en était pris à Vladimir Pribylovski et qui maintenant poursuit le blogueur Adagamov (aka drugoi), jusqu’à la nouvelle génération, les «prankers» Lexus et Vovan
      http://www.liberation.fr/planete/2016/03/18/vovan-et-lexus-farceurs-presidentiels-russes_1440442

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