Liberté de la blogosphère Russe

Radio Canada interview deux bloggers qui connaissent bien la blogosphere russe. Le monde du runet est en général assez différent du monde occidental, moins dominé par les américains que le monde français par exemple, mais il existe des mythes grotesques que l’on voit ressurgir dans l’imaginaire des journalistes français, par exemple lors de la pétition pour le maintient des ondes radio chez RFI.

le site Internet en langue russe de RFI, lancé il y a moins de 6 mois. Ce site connaît déjà un succès certain mais il reste bloqué par les moteurs de recherche russes. Ceci concorde parfaitement avec la politique de Moscou qui, à l’instar de la Chine, projette de construire une « Grande Muraille » pour isoler le web russe du reste du monde.

Il n’y a donc pas de grande muraille en Russie. Les seules barrières sont culturelles et linguistiques. Pas de censure non plus, on peut tout dire, tout copier et recopier.
Bien sûr il existe une censure à postériori, Anastasia Kirilenko cite ainsi un blogger condamné

à 2 ans de prison pour « diffamation » du président tatar. Un blogueur de Sibérie a été condamné pour un an avec sursis pour avoir écrit en 2007 : « Il n’y a pas beaucoup de différences entre les flics et la racaille ».

Bien sûr en France un breton de 19 ans a été condamné à 3 mois de prison pour avoir insulté un gendarme sur Facebook qui lui avait confisqué le véhicule après avoir subi un contrôle d’alcoolémie positif (en Bretagne aussi on est sensé ne pas boire au volant,  attention le code de la route breton est une blague!). Un provençal lui a été condamné à une amende de 651 euros pour avoir insulté un policier sur Facebook.
Et de façon générale les procès en diffamation ou en injure sont des armes juridiques pour faire taire les bloggers, le délai de prescription ayant été doublé récemment pour les propos tenus non par voie de presse mais par internet. Et puis il y a les menaces (cela existe aussi en France par exemple M. Stéphane Guillemin n’aimait pas que le blog DatingWatch parle de ses activités chez Ingedata).

Mais en Russie comme en France les bloggers sont solidaires et les informations qui vont être censurées après publication sont copiées et recopiées, discutées et connues de tous si bien qu’il est difficile dans un milieu ouvert comme celui là de faire de vraie censure. Bien sûr il vaut mieux critiquer ou se moquer du président ou du premier ministre qu’un obscur potentat local. Car très peu de monde s’intéresse à la vie locale alors que tout le monde s’intéresse au Kremlin. La liberté est donc fonction de la taille de la blogosphère.

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