En Russie

Coca Kvas?

Coca cola va se lancer dans la boisson russe par excellence (sofdrink s’entend): le Kvas. C’est du moins ce que dit the Guardian et le Kommersant.
Comme le Kvas est une boisson fermentée Coca Cola va s’associer avec un producteur de bière ou de Kvas afin de faire un join venture locale. La stratégie d’être présent sur le marché du kvas est à plutôt intéressante, reste à savoir comment il feront leur marketing.
Leur principal concurrent sur le marché du Kvas en bouteille, Nikola, est plutôt optimiste: pour eux l’arrivée de Coca Cola et de son gros budget marketing est une formidable opportunité qui va faire croître le marché. En tout cas ce qui est certain c’est que le marché du Kvas embouteillé est réel et attrayant et c’est ce qui attire la Coca Cola Company.

Déformer les mots on peut ou pas? la vocabularitude!

La récente parodie de Ségolène Royal par Bruno Candida m’a fait penser à quel point la langue Française est rigide. On respecte la langue, il y l’académie Française qui rappelle à l’ordre tous les déviants au bon ordre lexicographique. Les nouvelles technologies posent d’ailleurs problème, comment doit on dire pour un blog, un podcast, les débats n’en finissent pas. On décrète des mots français qui ne sont pas adoptés. Bref le Français est relativement rigide. Les publicitaires font relativement peu de néologisme et chez la candidate à la présidence de la république le mot bravitude soulève tout de suite un tollé.
Les Français sont un peu coincés avec leur langue.

Les Russes sont relativement décomplexés depuis la fin du socialisme. L’ampleur qu’à pris le phénomène Preved l’an dernier en est bien la preuve. Priviet veut dire en russe salut. Changer les voyelles et l’intonation en mettant l’accent sur la fin du mot difforme totalement le mot mais le laisse reconnaissable. Et pourtant l’an dernier suite à une blague sur internet les gens se sont massivement mis massivement mis à torturer ce pauvre mot. A l’origine la blague était un détournement d’une illustration de l’artiste américain John Lurie dans lequel un ours venait faire peur à couple faisant l’amour dans la nature en criant « Surprise« . Au lieu de Surprise les russes mirent «Преве́д!» et prénommèrent l’ours Medved.

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Ceci étant je dit peut être des bêtises, et si quelqu’un a l’occasion de demander à Helène Carrère d’Encausse un avis sur la question il sera sûrement beaucoup plus pertinent que le mien, tant sur le français que sur le russe, encore que la secrétaire perpétuelle de l’académie Française n’a peut être pas suivi internet et le phénomène de l’ours Medved de très près.

La langue Russe en perte de vitesse

2007 est l’année de la langue Russe dans le monde. Je ne sais pas trop comment cela se traduit dans les faits (manifestations culturelles, effort pour enseigner plus le russe…) mais la volonté politique est de mieux valoriser la langue qui est en perte de vitesse au niveau mondial.

En effet pour l’instant la langue russe est la quatrième parlée dans le monde derrière le mandarin, l’anglais et le castillan. 130 millions de Russes la parlent et 114 millions de non russes. Mais dans les dix années à venir si la tendance se confirme on devrait plus parler le Français, l’Arabe et l’Indou que le russe. Les pays voisins de la Russie ou dans sa sphère d’influence voient une nette diminution de l’enseignement du russe au profit de l’anglais, de l’arabe ou du castillan ou d’autres langues semblant plus utiles pour les étudiants. D’un autre coté la population russe n’allant pas augmenter dans les années à venir. La langue russe va simplement perdre sa place mondiale.

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La courbe parle d’elle même.

Pour aller plus loin on peut consulter cet article d’août dernier chez Polit.ru: combien de gens parlent russe et parleront russe? ou encore cet article du Moscow Times du mois d’octobre.

Lilya 4-ever

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Le film d’aujourd’hui n’est pas très gai (c’est une litote de le dire). Lilya 4-ever est un drame sur une certaine partie de notre monde dans l’ex URSS qui est loin d’être très reluisante. C’est à voir impérativement avant le 8 mars mais ne désespérez pas pour autant, ce film est plein d’espoir. Il y a des gens qui se battent pour que vie soit meilleure.

Moscou ce n’est pas Amsterdam

Le président Poutine répondant à des questions de journalistes apporte son soutien au maire de Moscou dans son opposition à une manifestation d’homosexuels. Le maire de Moscou pour certains est très conservateur, pour d’autres il est réaliste. La Russie n’est pas prête à des démonstrations outrancières d’homosexuels et de minorités privilégiées alors que la majorité connaît des jours difficiles. Une gay pride à Moscou ne peut être perçue que comme une action satanique. Poutine est pour l’expression de toutes les libertés dit il, pour toutes les manifestations humaines.

Mais personne ne peut lui en vouloir, dans la situation actuelle de laisser manifester des homosexuels serait outrer l’église, les pauvres et les classes moyennes qui ne profitent pas assez de la croissance, faire le jeu de l’opposition d’extrême droite fasciste et surtout de ce qui préoccupe le plus le président Poutine aujourd’hui c’est la démographie, à son sens la Russie a plus besoin de bon pères de familles que de tantes qui font les folles à Moscou. Il y a peut être aussi la peur du terrorisme islamique. Toujours est il que les fiertés homosexuelles ne sont pas encore d’actualité en Russie, il y a d’autres priorités.

La révolution sexuelle reste encore à venir.

Blague du jour

Il s’agit bien sûr de Tcheburashka et de Crocodile Gena qui chantent en Japonnais maintenant. Avis a nippophiles donc.

Tcheburashka est l’objet de beaucoup de blagues un peu spéciales, je ne saurais comment dire. Assez puériles, naïves et un peu tristes et politiques. Cela semble d’être du niveau maternelle à priori mais en réalité le phénomène Tcheburashka dépasse de loin la simple animation pour les tout petits.

Par exemple va voir l’épicier et lui demande: « bonjour, est ce qu’il y a des oranges? » le vendeur répond « Non, on en a pas ».
Le lendemain rebelotte Tcheburaska débarque avec un grand sourire et demande « bonjour, est ce qu’il y a des oranges? » -« non on a rien de tel »
le surlendemain même chose « bonjour, est ce qu’il y a des oranges? » -« non on a pas d’orange, c’est non, y ‘en a pas ».
Tcheburashka se démonte pas, il revient le jour d’après tout content et demande « bonjour, est ce qu’il y a des oranges? » là vendeur qui a pourtant beaucoup de patience (dans le métier ça aide) explose il lui dit « Non on a pas d’oranges, on en a jamais eu et on en aura jamais, alors si tu reviens demain à me demander des oranges je vais te clouer les oreilles ».
Le lendemain matin Tcheburashka débarque et demande timidement
-« bonjour, est ce que vous avez… des clous?
-non on en vend pas
-et un marteau
-non plus »
et la tout content: « est ce qu’il y a des oranges? »

Il y a aussi la blague ou Tcheburashka va voir le Crocodile Gena et lui dit que Chapokliak leur a envoyé des oranges.
« je les ai compté il y en a dix, cela fait donc 8 pour chacun d’entre nous.
-non, ce n’est pas possible tu as du te tromper dans ton calcul, Tcheburashka
-je ne sais pas comment tu comptes mais mais moi j’ai déjà mangé mes 8 oranges

Hotel Moskva

L’hotel Moskva est un ensemble architectural qui est très bien situé, entre la Douma et le Kremlin juste au dessus d’un gigantesque centre commercial et surtout à coté du point zéro de la Russie, le point ou tout le monde jette une pièce de monnaie (sauf les vieilles qui se battent pour ramasser les pièces). Depuis 3 ans il est en travaux et on ne voit plus grand chose de cette horreur du soviétisme, le tout étant caché derrière des hauts panneaux publicitaires. Il devrait rouvrir si tout va bien cet été. Mine de rien les travaux avancent: il a déjà un toit.

Tout a été détruit sauf la façade pour le reconstruire à l’identique, à la différence près que l’aménagement intérieur est mieux pensé en fonction de critères modernes et en rajoutant des sous sols ce qui double la surface utilisable.

Ce magnifique et glorieux hôtel avait ouvert en décembre 1935. On peut y voir des photos d’avant sur son site internet. On peut aussi regarder sur un autre site ce à quoi les Moscovites ont réchappé: tous les projets architecturaux de Moscou abandonnés des années 30 aux années 50.