En Russie

Stop à la genrmanophobie! Chiens de Katchalov & Joseph Brodsky: Lili Marlen

Quoi de plus universel que la chanson d’amour d’un soldat loin de sa fiancée? Mais chanter en 2013 une chanson d’amour allemande de l’époque de la guerre (de la première guerre pour les paroles et de la seconde pour le succès) n’est pas forcément évident dans la Russie de 2013 où l’on ne jure que par le succès du film à grand budget Stalingrad et l’on attise comme on peut la Germanophobie (même notre compatriote Vladimir V. Pozner s’y met avec “LE CASSE-TÊTE ALLEMAND” diffusé cet automne sur la première chaîne russe )…

Tout le monde connait la chanson Lili Marlen, pas seulement les auditeurs germanophones de Radio Belgrade qui l’a rendu célèbre mais le monde entier. Karambolage nous en rappelait l’histoire il y a deux ans (ici en francais ou la vidéo en allemand).

Lili Marleen from Michael Froehlich on Vimeo.

Pour ceux qui veulent en savoir plus on peut consulter l’article de Wikipedia dans lequel on apprend qu’en réalité Lili et Marleen sont deux femmes différentes qui manquaient au soldat Hans Leip sur le front russe (que deux femmes vous manquent à la fois était un peu difficile à faire passer aussi il les a réunies en un seul personnage imaginaire ).
Voici la version originale de Lale Andersen en Allemand:

Toujours en allemand, la version de Marlene Dietrich est l’une des plus connues

Ou encore Nana Mouskouri et Nina Hagen (en Allemand toujours bien que ce soit en France)

Le texte en Allemand et sa traduction sont là.

Lale Andersen en a fait une interprétation très connue en anglais en 1942 mais également des chanteuses britanniques ou américaines. Le succès de la chanson dépasse de loin la propagande Nazie. d’ailleurs Gobbles était semble-t-il très hostile à cette chanson.

Et bien sûr la chanson existe en Français chantée par Suzy Solidor

Ou encore par Marie Laforet

En Russie on connait bien sûr la version de Nathalia Schmidt,

Les Chiens de Katchalov la chantent maintenant en Russe

Максим Ильин -ЛИЛИ МАРЛЕН
Ветер срывает с деревьев листву
Завтра наш полк отправляют на фронт
Я ждал тебя здесь встречая весну
Не думал, что всё выйдет наоборот
С тобой Лили Марлен
С тобой Лили Марлен
Le Vent a arraché le feuillage des arbres
Demain, notre régiment est envoyé au front
Je t’ai attendu ici rencontrant le printemps
Je ne pensais pas que tout irrait à l’envers
Avec toi, Lili Marleen
Avec toi, Lili Marleen
Если от страха я там не умру
Пока меня снайпер отыщет в прицел
Я буду помнить тепло твоих рук
Я буду помнить о круглой скале
Моя Лили Марлен
Моя Лили Марлен
Si je ne meurs pas de peur
Tant qu’un sniper ne me trouve pas dans sa lunette
Je me souviendrai de la chaleur de tes mains
Je me souviendrai du rocher rond
Ma Lili Marlene
Ma Lili Marlene
Будут контратаки марши и броски
Будут падать рядом то осколки, то друзья
А я б отдал Иванам свой шлем и сапоги
Только б разрешили вновь любить тебя
Тебя Лили Марлен
Тебя Лили Марлен
Il y aura des marches de contreattaque et des frappes
Tomberont soit des déchets soit des amis,
Et je donnerais bien à Ivans mon casque et mes bottes
Juste pour t’aimer encore une fois
Toi Lili Marlene
Toi Lili Marlene
 Нет чудес на свете, нет чудес в войне
Выданы награды, кончена война
Сколько еще будешь ты помнить обо мне
Вспоминать меня возле фонаря
Меня Лили Марлен
Меня Лили Марлен
Il n’y a pas de miracles sur terre, pas de miracle à la guerre
Les médailles remises, la guerre est finie
Combien de temps vas-tu encore te rappeler de moi
Te souvenir de moi près d’une lanterne
De moi Lili Marlene
De moi Lili Marlene

Mais il existe aussi une traduction faite par Joseph Brodsky.

Le groupe de Sainte Petersbourg – Billy’s Band a repris cette version pour l’interprétation suivante:

Иосиф Бродский – Лили Марлен
Иосиф Бродский – Лили Марлен

Возле казармы, в свете фонаря
кружатся попарно листья сентября,
Ах как давно у этих стен
я сам стоял,
стоял и ждал
тебя, Лили Марлен,
тебя, Лили Марлен.

Joseph Brodsky – Lili Marlene

Près de la caserne, à la lumière d’une lanterne
Des feuilles de septembre tourbillonnent
Oh, combien de temps près de ces murs
J’ai attendu debout,
Je suis resté debout à t’attendre
Toi, Lili Marleen,
Toi, Lili Marleen.

Если в окопах от страха не умру,
если мне снайпер не сделает дыру,
если я сам не сдамся в плен,
то будем вновь
крутить любовь
с тобой, Лили Марлен,
с тобой, Лили Марлен.
Si dans les tranchées je ne meurs pas peur
Si un sniper ne me fait pas de trou
Si moi-même je ne me constitue pas prisonnier,
Alors on sera à nouveau
A filer le parfait amour
Avec toi, Lili Marleen ,
Avec toi, Lili Marleen .

 

Лупят ураганным, Боже помоги,
я отдам Иванам шлем и сапоги,
лишь бы разрешили мне взамен
под фонарем
стоять вдвоем
с тобой, Лили Марлен,
с тобой, Лили Марлен.
L’ouragan fouette, Mon Dieu viens moi en aide,
Je vais donner à Ivans mon casque et des bottes,
Si je pouvais juste avoir en échange
Sous la lampe
D’être debout tous les deux
Avec toi, Lili Marleen ,
Avec toi, Lili Marleen .
Есть ли что банальней смерти на войне
и сентиментальней встречи при луне,
есть ли что круглей твоих колен,
колен твоих,
Ich liebe dich,
моя Лили Марлен,
моя Лили Марлен.
Qu’y a t il de plus banal que de mourir à la guerre
et un rendez-vous galant au clair de lune,
De plus rond que tes genoux,
Tes genoux
Ich liebe dich ,
Ma Lili Marlene
Ma Lili Marlene .
 Кончатся снаряды, кончится война,
возле ограды, в сумерках одна,
будешь ты стоять у этих стен,
во мгле стоять,
стоять и ждать
меня, Лили Марлен,
меня, Лили Марлен.
 Les munitions s’épuisent, la guerre est bientôt finie,
A coté de l’enceinte, seule au crépuscule,
Tu vas attendre devant ces murs,
Dans la brume rester debout,
Debout à m’attendre
Moi, Lili Marlene ,
Moi, Lili Marlene .

Sabaki Katchalova: Les feuilles volent ( tout va bien)

Собаки Качалова – Листья летят (Вот и нормально)
Я смотрю на себя, раскрывшего бритву,
Я опять срежу все, что проросло и налипло,
И, устранив свой естественный запах,
Я опять пойду куда-то за солнцем.

А листья летят незаметно и быстро,
Листья летят, опавшие листья,
Прямо в лицо, прямо под ноги,
Ничто не вернется, никто не догонит,
Вот и нормально,
Значит все в порядке

Я увидел тебя, я был очарован,
Я спросил, где смогу испытать это снова,
И мы писали друг другу на каких-то обрывках
Неживые уже комбинации цифр.
Я стою и смотрю: незаметно и быстро
Листья летят, опавшие листья,
Прямо в лицо, прямо под ноги,
Ничто не вернется, никто не догонит,

Вот и нормально,
Значит все в порядке.

Я когда-то лежал в этой белой палате,
Я лечил свои раны на грязной кровати,
Да, я не был богом стерильно-лучистым,
Но я видел свет солнца, согревшего листья.

Но листья летят незаметно и быстро,
Листья летят, опавшие листья,
Прямо в лицо, прямо под ноги,
Ничто не вернется, никто не догонит,

Вот и нормально,
Значит все в порядке

Je me regarde ayant ouvert le rasoir
Encore une fois je coupe tout ce qui est germé et collé,
Et en ayant éliminé mon odeur naturelle,
Encore une fois je pars quelque part pour le soleil.

Et les feuilles volent imperceptiblement et rapidement,
Les feuilles volent, les feuilles mortes,
En pleine figure, juste sous les pieds,
Rien ne revendra, personne à rejoindre,
Et voilà ça va,
Donc tout va bien

Je t’ai vu et j’ai été fasciné
J’ai demandé où je pourrais essayer cela de nouveau,
Et nous nous sommes écrit l’un l’autre quelques bribes
La combinaison de chiffres est déjà inanimé.

Debout j’observe: imperceptiblement, et rapidement,
Les feuilles volent, les feuilles mortes,
En pleine figure, juste sous les pieds,
Rien ne revendra, personne à rejoindre,

Et voilà ça va,
Donc tout va bien

Dans cette chambre blanche j’étais allongé à une certaine époque,
J’ai soigné mes blessures sur un lit sale
Oui, je n’étais pas un dieu stérile rayonnant,
Mais j’ai vu la lumière du soleil qui réchauffe les feuilles.

Et les feuilles volent imperceptiblement et rapidement,
Les feuilles volent, les feuilles mortes,
En pleine figure, juste sous les pieds,
Rien ne revendra, personne à rejoindre,

Et voilà ça va,
Donc tout va bien

Sabaki Katchalova: Tous les jours c’est la guerre

Paroles
Солдаты, что остались лежать на полях
Пристально смотрят кристалами в небо
а тех, кто не был или был виноват и на тех,
Кто ушел, что бы пить за победу.
Припев: Каждый день война и мы пьем до дна,
о только ты опять осталась одна
Каждый день война, каждый день война,
Каждый день война, каждый дееееень…Мы терпим удары на всех фронтах
И марш пораженья в каждой клетке кожи
Наверно кто-то скажет, что это не так
И сразу станет ясно, он там не был тоже

ПРИПЕВ

Я проклял штаб и ушел в пехоту
Чтобы заглянуть штыком в лицо врагу
Но я увидел парня – мы были похожи
Он так же, как и я, мне целился в грудь

 

Les soldats qui ont été laissés là sur les champs de bataille
On scrute avec des cristaux le ciel
et ceux qui étaient ou n’étaient pas coupables et ceux qui
Se sont enfuis pour boir à boire à la victoire.
Refrain: Chaque jour, la guerre, et nous buvons cul-sec,
et juste toi tu es restée seule encore une fois
Chaque jour, la guerre, c’est la guerre tous les jours,
Chaque jour, la guerre, chaque jooooooour …Nous endurons des attaques sur tous les fronts
Et la marche de l’attaque est dans chaque cellule de ma peau
Peut-être quelqu’un dira que ce n’était pas ainsi
Et deviendra évident aussitôt qu’il n’y était pas

refrain

Je maudissais l’état major et je suis allé à l’infanterie
Pour bondir avec une baïonnette au visage de l’ennemi
Mais j’ai vu des gars – nous étions pareils
Il était comme moi, comme moi, il m’a visé à la poitrine

 

Sabaki Katchalova: le parachutiste

Sabaki Katchalova est un groupe post punk fondé en 1996 à Ekaterinbourg par Max Ilyin.

Paroles Собаки Качалова – Дисантник -Sabaki Katchalova: le parachutiste
Я выброшен, как десантник
Из чрева далеких авиаматок
В эту ночь, в этот дождь и дым,
Я падаю так же как ты,
Я падаю рядом с тобой.От точки отрыва до прикосновения
Я злобно сжимаю свое снаряжение,
А ветер треплет мысли и взгляды,
Я падаю где-то рядом,
Я падаю так же как ты,
Я падаю рядом с тобой.

Кольцо парашюта, чека для гранаты,
И ключ от квартиры, где все виноваты,
Я устало встаю и смотрю на часы,
А мир рушится где-то внутри,
Но я падаю так же как ты,
Я падаю рядом с тобой

Но время идет и уже половина
Меня за спиной, а я не прячусь за спины,
Я собираю себя на плечо,
И, падая в эту боль и любовь,
Я падаю так же как ты,
Я падаю рядом с тобой.

Ведь я выброшен, как десантник
Из чрева далеких авиаматок
В эту ночь, в этот дождь и дым,
Я падаю так же как ты,
Я падаю рядом с тобой.

Après tout, j’ai été rejeté dehors comme un parachutiste
Loin du ventre de la matrice aérienne
En cette nuit, dans cette pluie et cette fumée,
Je tombe juste comme toi
Je tombe à côté de toi.Du point de rupture au contact terrestre
Je serre furieusement mon équipement,
Le vent bat les pensées et les regards,
Je tombe quelque part à proximité,
Je tombe juste comme toi
Je tombe à côté de toi.

L’anneau du parachute, une goupille pour la grenade
Et la clé de l’appartement, où tout est coupable,
Je me lève fatigué et regarde ma montre,
Et le monde s’écroule quelque part à l’intérieur
Mais je suis tombé tout comme ¨toi
Je tombe à côté de toi

Mais le temps passe et j’ai déjà la moitié
Derrière moi, et je ne me cache pas derrière mon dos,
Je me prépare l’épaule,
Et, en tombant dans la douleur et l’amour,
Je tombe juste comme toi
Je tombe à côté de toi.

Après tout, j’ai été rejeté dehors comme un parachutiste
Loin du ventre de la matrice aérienne
En cette nuit, dans cette pluie et cette fumée,
Je tombe juste comme toi
Je tombe à côté de toi.