En Russie

Avenement de l’Homo Economitus

Il y a une dizaine d’années le romancier Viktor Pelevine écrivait un livre emblématique sur les années 90 et l’avènement de la publicité et de la consommation dans la société russe jusque la épargnée par le monde de la consommation et de la surabondance de choix. Comme a son habitude Pelevine a fait un livre surréaliste et exubérant. Le titre original etait Поколение П. Generation P, P comme Pepsi comme publicité pas comme le premier ministre (qui a l’époque était a Saint Petersbourg). La traduction en français fut Homo zapiens, elle fait bien ressortir le cote publicitaire de cette nouvelle génération d’hommes qui zappent mais qui sont faits de pub.

Depuis quelques années une adaptation cinématographique était en chantier. Elle sort ce mois ci. Vous pouvez voir la bande annonce ici.

 

Une histoire d’amour au bureau

Il y a une trentaine d’années le film Служебный роман était un grand succès et rentrait dans l’histoire des films cultes dont chaque russe se rappelle les personnages et quelques scènes burlesques. L’intrigue est simple, dans un bureau ou tout le monde pense a la mode, a la séduction et aux intrigues sentimentales deux personnes n’y pensent jamais. Anatoli Efremovich Novocelzev d’une part qui a deux petites filles a élever tout seul et qui occupent toute son attention au point de négliger son apparence et son travail. Et d’autre part Lioudmila Prokofevna Kalugina qui ne pense qu’a son travail au point d’en négliger son apparence et de supprimer toute forme de vie sociale, elle est a la tête du bureau et terrorise ses employés qui la détestent mais surtout la craignent. Évidemment ces deux personnages pensent que l’amour n’est pas fait pour eux et que jamais il ne seront amoureux. Et pourtant….
Cette comédie sentimentale est certes très ancrée dans l’époque soviétique mais reste très amusante et touchante a voir:

C’est la même intrigue qui est reprise par le remake contemporain. Malheureusement le remake n’est pas a la hauteur du film original. Quelques scènes sont très bien faites et resteront vraisemblablement comme écho au premier film. Je pense notamment au consultant en management qui fait l’éloge des requins et des robots. Mais l’ensemble n’est visiblement qu’une vaste opération publicitaire de PR et de product placement. Il n’y a pas un scenario cohérent, il manque ce qui faisait la force de l’original des personnages de comedie qui soient a l’unisson de la societe russe contemporaine. Pas vraiment du cinéma, juste de belles images.

Le dernier dimanche

C’est sous ce titre que sort cette semaine le film de Michael Hoffman sur la mort de Tolstoï tiré du livre la dernière gare (en français c’est Tolstoï, le dernier automne, en Allemand “un été Russe”, allez comprendre le monde de la traduction des titres de films!)

Comme je ne l’ai pas encore vu je ne vais pas en dire de mal. Le film a été largement tourné à Yasnaya Polyana la propriété musée de Tolstoi et le film doit avoir de belles images. En France il ne sort qu’en décembre (le site du film).

Cela va bientôt faire un siècle que l’immense écrivain Léon Tolstoi est mort.

Avoir son style, ou pas

La comédie musicale du moment c’est Stilyagi, cette bande annonce résume très bien le film. Une histoire d’amour, de liberté, de musique, de sexe, de style dans une union sovietique ultra moralisatrice et fermée.
C’est en 1955 a l’époque ou l’opéra de George Gershwin, Porgy and Bess, est monté a Saint Petersbourg et Moscou, avec des acteurs noirs et de la musique venue d’ailleurs. Truman Capote a très bien raconte cet épisode dans les muses parlent. Dans cette société très conservatrice donc, des jeunes pourtant rêvent de liberté, de musique et de style différent. Ils aiment le jazz, les vêtements colores, mais ils ne recopient pas la culture américaine parce ils connaissent en réalité très peu de l’Amérique si ce n’est la musique qui traverse les frontières grâce a la radio (quoique la radio américaine à Moscou je ne suis pas sûr que ce soit réel). Ils s’inventent leur Amérique, leur style, leur vie, ils sont différents dans une société qui ne tolérait pas la différence.

41t0620876l_sl160_

Les Zombies prennent le métro

Et oui Moscou est infesté par des Zombies. Ceux qui prennent la ligne rouge (et encore c’est loin d’être la pire) le savent bien.

Visiblement c’est avec un grand soulagement que la jeune femme entend Stancia Sportivnaya. Remarquez cela ne s’entend pas très fort et bien souvent c’est complètement inaudible étant donné que le métro dépasse toutes les normes d’émission sonore existantes. C’est pour cela que le nom de la station est dit avant que le métro ne démarre dans la station précédente. C’est intelligent comme système sauf qu’étant donné la distance importante entre la plupart des stations tout individu normal oublie le nom qui a été dit. Et tout individu anormal devient un Zombie.