En Russie

Un roman Français sur la Russie

Marc Dugain
Le Livre de Marc Dugain, une exécution ordinaire, se passe en Russie, de l’union soviétique de Staline à la Fédération de Poutine. Le projet est intéressant et le livre bien construit, seulement, la grande difficulté est d’écrire un livre sur des évènements récents tout en ayant une culture extérieure. On projete forcément une langue et une façon de penser qui sont anachronique et étrangère au pays sur lequel on écrit (Marc Dugain est de culture Franco-Américaine).
Ce biais d’écriture peut passer lorsque l’on écrit sur des évènements anciens ou des civilisations disparues, personne ne viendra critiquer si vous faites un roman qui se passe à la cour du pharaon d’Egypte. Même si cela est tout à fait invraissemblable, à part quelques archéologues intégristes on ne vous en tiendra pas trop rigueur. Sur des évènements plus récents la tâche est difficile.

Alexi Ipatovtsev critique ici, au micro de Jean Lebrun, le livre en démontrant que la langue est invraissemblable, en particulier sur la période soviétique, le deuxième écueil est l’interprétation historique du nationalisme russe.

Au delà du vocabulaire ou des métaphores (l’assassinat de JFK par exemple ) qui dénotent bien que le roman n’est pas écrit par un soviétique ou même un russe, la question centrale du roman pose problème. C’est un roman sur l’enfermement, enfermement des sous mariniers qui attendent la mort dans leur sous marin échoué, enfermement des Russes dans un système totalitaire qui transcende les ages et les régimes selon Marc Dugain. Ce n’est pas faux, il y a tout un ensemble d’anecdotes et de clichés qui sont repris dans le romans qui ne sont pas faux, mais il ne forment pas un tout. Il manque toute une partie pour que cela colle. Il manque un véritable liant. Le sentiment patriotisme et son ambivalence n’est pas suffisamment présente dans le roman à mon sens. Les propos des protagonistes sont très cyniques et ne collent pas vraiment. Entreprise difficile d’écrire un roman de l’intérieur en étant franchement à l’extérieur. Marc Dugain aurait du développer beaucoup plus le personnage du journaliste Francais qui apparait dans le roman, car il est bien mieux à même de comprendre la psychologie d’un journaliste américain ou français que de comprendre les ambivalences de celle d’un professeur ou d’un militaire Russe, sans même parler de celles de Poutine ou de Staline qui ne sont pas crédibles.

En définitive il s’agit d’un roman traitant d’un thème intéressant avec des images bien trouvées mais auquel il manque tout de même un je ne sais quoi et un presque rien.

La fin du Beluga

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Ca y est c’est est fini du caviar, les esturgeons se faisaient rares si bien que le commerce est totalement interdit et les prises illégales seront détruites. L’interdiction porte sur 10 ans mais peut être que dans dix ans, si tous les esturgeons ont bien disparus, le problème ne se posera plus. L’essentiel du marché était déjà actuellement illégal (plus de 90%). L’interdiction totale du marché légal permettra peut être, espérons le, de réduire le marché illégal.

Shity book

Je me demandais s’il fallait ou non faire une note là dessus ou non. Probablement pas mais à juger l’impact du coté français à ce que l’on peut lire sur les blogs il faut probablement en parler.

Thomas Clément a interviewé Frederic Beigbeder pour son dernier roman Au Secours Pardon (l’expression Shity Book vient du podcast):

On y apprend que Beigbeder est trop narcissique et paresseux pour avoir un blog sous un pseudonyme, mais qu’il donne une interview à un podcast plutôt qu’à une télé. Il attend qu’on viennent à lui plutôt que l’inverse.

Les réactions sur Internet sont très mitigées, il y a bien sûr les groopies:

Les trouvailles littéraires, dans les descriptions les plus longues, sont pleines de grâce et de gourmandise. On le sait, Beigbeder possède un humour décapant et une liberté de ton assez stupéfiante

., les passions qui se déchainent:

Frédéric Beigbeder n’est pas un écrivain, mais un homme d’influence…. Il doit son seul succès à la somnolence de la littérature française contemporaine.

mais aussi la critique scatologique:

Si il vous tombe sous la main, faites la même chose que sur la photo: JETEZ LE AUX CHIOTTES (mais faites attention à ce que ce gros paquet de merde « au secours pardon » ne bouche rien…)

, la critique déçue:

On a toujours l’impression qu’il écrit pour lui, pour briller quelque part, et note entre parenthèses les éléments qu’il ne faut pas qu’il oublie pour lancer une digression.

Ce qui est certain c’est que le roman est complètement irréaliste et n’a pas grand chose à voir avec la Russie réelle, ce n’est que les fantasmes d’un gosse français de 41 ans.

Je pense que tout le monde est assez éduqué en France pour se faire sa propre opinion sur Beigbeder et passer à autre chose (ou même sur Houellebecq ou sur d’autres encore), je voudrais juste dire que la Russie ce n’est pas comme ça. Et la France non plus d’ailleurs. Il ne faut surtout pas se fier à ses descriptions.